La question des doigtés au piano revient régulièrement. En effet, comment fait-on pour savoir quel doigté utiliser sur un piano de 88 touches alors que nous avons seulement 10 doigts ?
Vous savez, j’explique le piano de façon empirique. J’aime toujours partir de l’expérience vécue et de l’observation pour comprendre les choses.
Dans cet article sur les doigtés au piano, je ne vais pas reprendre l’évolution historique des doigtés. Je vais partir de mes observations et mon expérience pour décrypter ce sujet complexe.
Les doigtés au piano, pourquoi faire ?
Des images qui me reviennent souvent, sont celles de voir mes petites sœurs découvrir le piano. Elles avaient en commun de jouer en utilisant un seul doigt : l’index.
Autre fait intéressant, le jeu était de taper sur les touches comme on joue de la percussion. Loin de combiner les sons entre eux pour faire de la mélodie.
Ma vision des choses est que l’humain part d’un geste de haut bas avec l’index. C’est le geste qui vient naturellement sans qu’on ait besoin de l’expliquer.
Quand nous regardons un-e pianiste jouer, c’est tout autre chose. Les 2 mains jouent ensemble sur le piano en utilisant les 10 doigts. Le tout avec beaucoup d’agilité, de souplesse et d’aisance. Cela semble si facile.
Quand on apprend à jouer du piano, on ne sait pas par quel doigt commencer ni quelle position de mains adopter. On n’est pas à l’aise pour jouer des accords.
On se retrouve dans des positions inconfortables. Certains doigts accrochent des notes qu’on ne veut pas jouer. On a les doigts qui s’emmêlent…
Notre but est de jouer de la musique, avec ressenti, nuances et agilité. Dans tous les cas, c’est toujours la musique qui nous sert de guide. Le sujet des doigtés est complexe.
Et je préfère le dire dès maintenant : il n’existe pas de recettes toute faite, ni de recettes miracles. Les doigtés demandent un peu d’observation et beaucoup de bon sens.
Une « recette » qui fonctionne pour un morceau, ne fonctionnera pas pour un autre.
Il faut prendre en considération le contexte, le niveau du morceau, le style, ton niveau technique, votre souplesse et bien sûr votre morphologie.
C’est pour cette raison que parfois, les doigtés donnés ne vous conviennent pas toujours. Sachez qu’il n’existe pas une solution, mais des solutions. Les doigtés conseillés peuvent parfois être légèrement modifiés en cas de besoin.
La raison d'être des doigtés au piano
D’une règle générale, les doigtés visent à utiliser tous les doigts y compris les doigts faibles comme les 4e et 5e doigts. Ça permet d’avoir plus de fluidité et de donner du mouvement à tes phrases musicales.
Les doigtés sont pensés comme un moyen de jouer le morceau. Les doigts sont au service de la musique et non pas l’inverse.
A contrario, les exercices sont pensés pour faire travailler la position des doigts en fonction de leur faiblesse et aptitudes. C’est pour cette raison que les exercices sont souvent laids à l’écoute.
Il existe énormément de combinaisons possibles : le clavier a 88 touches et nous avons 10 doigts. Je vous laisse faire le calcul du nombre de doigtés possibles !
Pour savoir quels doigtés utiliser, il faut observer le morceau pour trouver le chemin le plus sûr, le plus rapide et le plus efficace de le jouer.
Je le disais plus haut. On fait appel à notre bon sens et à notre bonne intelligence.
Le doigté permet d’économiser les geste et les déplacements pour obtenir un jeu fluide. Travailler les gammes permet de trouver une logique de doigté. Je vous reparlerai des gammes plus tard.
Dans tous les cas, une fois le doigté décidé, il faut le garder et l’utiliser à 100%. C’est très important.
Cela permet de créer une mémoire des doigts. Et vous gagnerez un temps précieux dans l’apprentissage de votre morceau.
Si vous travaillez un morceau sur partition, alors, notez vos doigtés sur la partition et mémorisez-les.
Les doigtés sont là pour vous aider à jouer vos morceaux
Vous avez besoin des doigtés au piano pour :
- savoir comment commencer une mélodie
- savoir sur quelle note placer le pouce
- créer des gestes en automatisme
- prendre en compte l’alternance touches blanches / noires
Pour jouer les accords, les doigtés sont indispensables pour :
- avoir une position de main confortable
- éviter d’accrocher des notes non désirées
- avoir les doigts bien placés et en finir avec les doigts qui s’emmêlent
Après avoir énuméré les raisons de l’existence des doigtés, je vais définir ce qu’est un bon ou un mauvais doigté au piano.
Doigtés au piano : les erreurs à ne pas commettre
Définir ce qu'est un doigté
Définir le doigté au piano n’est pas une affaire aussi simple que ça ne paraît. Pour commencer, nous pouvons prendre le mot « doigté » au pied de la lettre.
Le doigté est le numéro de doigt que nous utiliserons pour jouer la touche.
Nous avons 5 doigts.
Que ce soit pour la main gauche ou la main droite, nous utilisons les même chiffre pour chaque doigt. Le pouce c’est le 1, l’index le 2, le majeur le 3, l’annulaire le 4 et l’auriculaire le 5e doigt.
Associer le doigté avec le geste
Prendre uniquement le sens littéral ne sera pas suffisant. Pour parler doigté, je prends en compte la position des doigts, la position de la main et la souplesse du poignet.
On peut avoir un excellent doigté mais un mauvais geste. Cela nuirait complètement notre jeu, car nous obtenons un mauvais son.
Mais surtout, ça nous emmènerait vers des douleurs qui pourraient nous emmener vers une tendinite. Qui est un mal tellement fréquent chez les pianistes !
Les mauvaises habitudes à éliminer
Voici la liste des choses à ne surtout pas faire !
- ne pas prendre le temps de "doigter" ton morceau.
- oublier de prendre en compte ta morphologie et ta souplesse
- changer de doigtés au gré du vent
- utiliser uniquement les doigts forts
- ne pas utiliser les doigts faibles comme les 4e et le 5e doigts par manque de technique
- rester dans l'inconfort d'une mauvaise position des doigts alors qu'il existe une alternative
- continuer à avoir les doigts qui s'emmêlent et les laisser prendre le contrôle à ta place !
Les 7 bonnes pratiques des doigtés au piano
Voici les bonnes habitudes que vous devez adopter à chaque fois que vous apprenez un morceau.
1. Écrire les doigtés sur la partition
Commencez toujours par prendre le temps de « doigter » votre morceau dès les premiers jours de l’apprentissage. C’est important de prendre le temps dans la première semaine de noter les doigtés que vous allez utiliser.
2. Prendre en compte sa morphologie
Prenez en compte votre morphologie et votre souplesse. Bien souvent, les doigtés seront communs à la plupart des pianistes.
Mais il se peut que pour certaines extensions, certains accords, vous ayez besoin de prendre en compte votre morphologie.
Car nous avons tous une main différente par la taille de nos doigts, de notre paume, notre empan.
3. Choisir son doigté c'est l'adopter
Gardez le même doigté. C’est à dire qu’une fois que le doigté est choisi, il faut le travailler. Si au bout d’une semaine de travail, vous peinez toujours à mettre votre doigté, vous avez deux solutions :
- ou le doigté est mauvais,
- ou vos habitudes de travail ne sont pas efficaces.
Dans les 2 cas, vous avez une solution pour rectifier le tir.
4. Utiliser les 5 doigts
Un bon doigté utilise les 5 doigts de la main. J’en parlais plus haut. Les doigts sont au service de la musique. À nous d’éduquer nos doigts, pour qu’ils soient dans la bonne position. À nous de les entraîner pour être prêts à jouer nos morceaux préférés.
5. Travailler les doigts faibles
Travaillez régulièrement les doigts faibles comme les 4e et 5e doigts avec des exercices en routine journalière. Cela vous aidera à les rendre souple et forts.
6. Apprendre différentes combinaisons
Prenez en compte le contexte. Certains doigtés se retrouvent très souvent, mais, il n’y a pas de recettes miracles. C’est la connaissance des différents types de doigtés vous permettra de faire vos choix. En explorant les différentes combinaisons, vous serez à même de choisir celui qui sera le plus approprié.
7. S'entraîner encore et encore !
Seul l’entraînement mené d’une manière intelligente vous permettra d’avoir un doigté correct. C’est important de travailler son doigté et la position des doigts en conscience afin d’obtenir une bonne aisance avec les 10 doigts.
Voilà, je vous ai présenté les choses à ne surtout pas faire. Puis j’ai fait un listing des bonnes pratiques à mettre en place. On continue maintenant pour savoir comment faire pour trouver les doigtés au piano.
Trouver les bons doigtés au piano
Maintenant que vous savez de source sûre l’importance du doigté, il faut s’y mettre. Comme je l’ai dis plus haut, trouver le bon doigté dépend du contexte musical. C’est un travail très important, j’aime le rendre le plus agréable possible.
Prendre en compte le contexte
Pour cela j’ai pour principe d’y aller étape par étape. Un peu comme si on sortait tous les ingrédients du placard pour préparer un gâteau.
- Commencez par prendre votre partition ou bien un support audio si vous apprenez d’oreille.
- Puis, c’est à ce moment là que l’analyse prend sa place. Observez la partition et délimitez la première phrase musicale. Si vous apprenez d’oreille, c’est le même principe.
- Ecoutez la première phrase. Observez les notes que vous devez utiliser à la main droite.
- Quelle est la 1ère note ? La note la plus grave, la plus aigue ?
C’est important d’avoir une vision d’ensemble de la phrase musicale. Faites exactement la même chose avec la main gauche. Vous aurez sans doute plus de déplacements à la main gauche. Observez-les et repèrez-les.
À la recherche du meilleur doigté
Ensuite, vous partirez à la recherche du doigté et de la meilleure position à adopter.
C’est à ce moment que précis qu’il faut noter le doigté sur la partition. Il faut jouer. Explorez, cherchez, fouillez. Essayez les différentes possibilités, jusqu’à ce que vous trouviez le meilleur doigté pour vous. Vous le reconnaitrez quand la position des doigts sera la plus confortable possible.
Alors bien sûr,
- si vous avez des doigts faibles, vous seras tenté d’utiliser énormément les doigts forts.
- Si vous n’avez jamais travaillé d’exercices pour combiner les doigtés entre eux, vos doigts s’emmêleront.
- Si vous n’avez jamais travaillé la souplesse entre les doigts, ils continueront d’accrocher des notes non désirées.
- Si vous n’avez jamais travaillé la vélocité, vous continuerez à manquer de fluidité et de rapidité.
C’est pour cela, que vous avez vraiment intérêt à travailler des exercices.
- Des exercices systématiques pour que vos doigts jouent en automatique.
- Des exercices pour donner la possibilité à vos doigts de jouer naturellement sans que vous n’ayez besoin d’y réfléchir.
- Des automatismes qui prennent en compte : l’écriture du morceau (polyphonique ou mélodique) , la tonalité et les successions de touches blanches, touches noires.