Ce qu'un pianiste ne montre jamais - 4 vidéos de travail personnel pour monter l'intermezzo de Brahms

Je vous montre comment faire pour reprendre une partition jouée dans le passée. Et pour cela, je sors une partition de ma jeunesse : l’intermezzo opus 117 n°2 de Brahms. Ce chef d’oeuvre est une pure merveille, et il demande un vrai travail de fond pour  l’interpréter.

Dans cette vidéo je vous montre comment se passent mes séances de piano au quotidien.

Table des matières

Vidéo 1 : je sors une partition 28 ans plus tard.

Il y a quelques jours j’ai eu l’occasion d’écouter des artistes. Je suis tombée sur une pianiste notamment qui jouait  un intermezzo de Brahms.


Et ça fait “tilt”.


Cet intermezzo, je l’ai joué quand j’avais 15 ans et je l’ai complètement oublié depuis. J’ai retrouvé ma partition de l’intermezzo de Brahms. Alors voyez, elle a bien vécu. Du coup on l’a consolidée parce qu’elle a été vraiment très malmenée pendant des années.


L’intermezzo que je vais vous jouer (que je vais réapprendre surtout). Car je ne vais vraiment vous le jouer quand car cela ne va pas être vraiment possible. Il se trouve page 75. Et comme vous pouvez le constater la partition est bien colorée. C’est une partition qui fait à peu près 5 pages voilà c’est ça. Elle fait 5 pages. Ce morceau c’est l’intermezzo opus 117 n°2. Il y a pas moins de 5 bémols à la clef. Et le chiffrage de mesure est 3/8. Alors autant vous dire, qu’au niveau du déchiffrage, c’est assez difficile.

Brahms au piano
Alors je me suis dis : puisque j’ai su jouer ce morceau, j’ai même pu le jouer par coeur. Puisque j’apprenais tous mes morceaux par coeur quand j’avais 15 ans. Je dois être capable aujourd’hui de le réapprendre. Alors évidemment, quand j’ai joué pour la première fois le morceau, je ne me rappelais de rien. C’était vraiment la catastrophe. J’ai ânonner les notes, cela ne ressemblait à rien. Je faisais plein de fausses notes. C’était vraiment affreux, cela ne ressemblais pas du tout à la musique que j’avais en tête. Alors, je me suis dis, puisque j’apprends à mes élève une méthode toute simple qui est de faire passage par passage et de répéter tous les jours au moins 5 fois. Et de mémoriser chaque passage avant de passer au suivant, je me suis dis “écoute, je peux le faire exactement la même chose. Je vais appliquer ma méthode à la lettre.” C’est ce que j’ai fait. Pour l’instant, j’ai fait simplement les 3 premières lignes et j’ai été surprise qu’en fait de 5 à 6 jours, j’ai réussi à les mémoriser. Et c’est aujourd’hui c’est ce que je vais vous montrer. Et je vais vous montrer au fur et à mesure de mes avancements, l’aboutissement de mon travail chaque semaine par exemple. Je ne peux pas vous promettre que j’aurais le temps chaque semaine de travailler ce morceau assidûment. Je vais vraiment faire mon maximum pour respecter ce délai, parce que ce morceau me tient à coeur. Et j’aimerais vraiment bien le jouer. Pour moi ce serait une victoire de réussir à le jouer et à prendre plaisir à vous le jouer également.

Alors c’est parti, je vous montre ce que j’ai appris et comme je l’ai dit c’est par coeur, alors on tente par coeur ! Alors je n’ai pas revu aujourd’hui donc, j’espère que ça va aller.

Voilà, ont comme vous voyez ce n’est pas parait, loin de là. J’ai même fait une fausse note je m’en suis rendue compte. Pas au début, ça a été.

Ici, j’ai joué Fa Do Fa au lieu de Fa Si Fa.

Là j’ai toujours un petit peu de mal avec les basses.

Voilà, j’ai pourtant repéré sur ma partition les mouvements de la basse. Je manque encore d’assurance sur ces basses. Mais je suis sûre que ça va venir, je vais continuer.

Quelle méthode j’ai utilisé pour apprendre ces 3 premières lignes ?

Tout simplement j’ai pris ma partition, j’ai joué ce passage, je me suis concentrée sur ce passage. Et je me suis arrêtée à ce passage. Et je l’ai joué 5 fois par jour, tous les matins et 5 fois tous les soirs. Donc quand je pouvais je faisais matin et soir. Il est arrivé évidemment certaines journées ou je n’ai pas eu le temps et je l’ai fait seulement une fois. Dès que j’ai pu je l’ai fait matin et soir et j’ai répété 5 fois pas plus. Cette semaine, c’est le tour du passage suivant. Rendez-vous la semaine prochaine pour vous montrer le passage suivant.Ou là là, il y a pleins de doubles bémols, cela ne va pas être facile. Alors je vous dis à la semaine prochaine et je vous raconte la suite de mon apprentissage de l’intermezzo de Brahms.

 

Vidéo n°2 : Je joue Brahms et ses doubles-bémols

La semaine passée, j’ai montré mon travail sur la reprise d’un morceau sorti tout droit du placard. J’ai continué explorer cette partition et je dois dire que j’ai littéralement fais la peau aux doubles-bémols. Si tu souhaites voir comment je m’en suis sortie avec la 2e partie de l’intermezzo de Brahms, regarde vite cette vidéo et ensuite dis-moi ce que tu en penses dans les commentaires.

Je fais la peau aux doubles-bémols

L’intermezzo de Brahms, 28 ans après 2e partie.

Transcription du texte de la vidéo :

Bonjour  et bienvenue sur 1piano1blog, le blog des pianistes qui veulent progresser au piano. Cette vidéo fait suite à la vidéo de la semaine dernière.

Je joue l’intermezzo de Brahms au piano après 28 ans, 2e partie

Je vous ai expliqué comment j’ai ressorti l’intermezzo de Brahms opus 117 n°2 que je jouais quand j’étais adolescente. Cette semaine j’ai continué à l’apprendre. J’ai pris exactement la même méthode que la semaine passée, c’est à dire que j’ai joué ce passage 5 fois tous les jours .

Difficile de trouver du temps pour jouer du piano !

Alors cette semaine ça a été très difficile pour moi de trouver du temps pour le faire matin et soir. Je l’ai fait 5 fois au moins une fois dans la journée, mais j’ai eu vraiment beaucoup moins de temps que la semaine passée. Ca n’a pas été facile. Mais je me suis accroché j’ai persévéré, je l’ai fait au moins 5 fois par jour soit le matin soit le soir. J’ai réussi à l’apprendre par coeur au bout de cette semaine. Chaque jour j’ai répété le nouveau passage puis j’ai enchainé le début avec la nouvelle partie. Et ça je l’ai répété 5 fois également. 

Jouer au piano sans la pédale

Ce que je ne vous ai pas dis la semaine dernière c’est que je commence d’abord par le travailler sans pédale. Quand je répète mes 5 fois je le fais sans pédale pour écouter chaque son pour que ce soit mes doigts  qui fassent le plus joli son possible. Ensuite pour le plaisir je le fais une fois avec la pédale. Ca c’est vraiment la version plaisir. Pour l’instant je ne fais pas trop attention aux nuances .

Les nuances au piano seront vues plus tard

Ça je le verrais à la fin quand j’aurais vu toutes les parties. Ce passage n’a pas été très facile à lire car sur la partition il y a énormément de doubles bémols . Ce passage commence exactement comme la première partie avec le même accord. Mais évidemment Brahms change assez rapidement. Ensuite nous arrivons dans une mélodie très modulante avec des altérations sur chaque note.  Modulante ça veut dire qu’on change de tonalité. On utilise des altérations différentes : bémols, bécarres, dièses, tout ça ça change. Les passages modulants ce sont les passages ou j’ai énormément d’altérations écrites en face des notes.

Attention danger : les doubles-bémols !

Sur la 2e page page 76, voici des doubles bémols ! Un bémol, qu’est-ce que c’est ? Le bémol baisse la note d’1/2 ton. Et quand j’ai double bémol, le double bémol va baisser la note de 2 1/2 tons : Mibb = Ré.
Mais vous allez me dire, pourquoi dire Mibb alors qu’on peut dire Ré ?
Là nous sommes dans un intermezzo en Réb Majeur, nous avons 5 bémols à la clé. Pour être cohérent au niveau de sa tonalité, il (Brahms) va utiliser ce double bémol.

Si ce sujet vous intéresse de comprendre pourquoi on utilise le double bémol dites le moi dans les commentaires et j’y répondrai avec plaisir. 

Nous avons également des Si double-bémols. Le double bémol va descendre sur le LA.

Lecture de la partition

Alors d’ailleurs, je ne vous ai pas monté la partition. Donc la nouvelle partie , alors vous voyez ici la nouvelle partie. c’est exactement le même accord qu’au début. Mais en fait ça va changer directement à partir d’ici sur les notes Fa Do Fa. Et après, on est complètement différent. Là vous voyez nous avons toujours beaucoup d’altérations . On est vraiment dans un passage très modulant. La 2e page, toujours la même écriture. Vous voyez par exemple Do bémol. On va utiliser la note “Si”. Le “Mi double bémol”, c’est que je vous expliquais tout à l’heure. Le “Mi bb” ça veut dire que nous allons descendre d’un ton et on va tomber sur “Ré”.  A nouveau “Mi bb“. “Mi bb” plus ici “Si bb” on joue la touche “La”. Voilà, on les retourne ici. “Mi bb“, “Si bb“. C’est toujours des “Mi” et des “Si”.

Jouer au piano et mémoriser

Pour plus d’efficacité, j’ai choisi de mémoriser de suite, ce passage.
Alors je vous joue ce nouveau passage. Je mets quand même, je mets la pédale. Alors je vous montre ce nouveau passage.

Je joue au piano le nouveau passage

Après avoir jouer 5 fois ce nouveau passage chaque jour. Je l’ai travaillé, je vous le rappelle sans pédale et avec très peu de nuances. J’ai enchainé la première partie apprise la semaine dernière avec cette 2e partie. J’ai également répété 5 fois tous les jours ces 2 parties.

Je joue au piano les 2 parties apprises

Comme la semaine dernière ça manque bien sûr d’assurance. Là pour l’instant je suis très concentrée sur mes notes mais je vais continuer à travailler et à répéter tous les jours pour  combler ce manque d’assurance. Parce que c’est par la force de répétition journalière que l’on peut remédier à cela.

Hésitation, fausses notes et mémoire défaillante

Vous l’avez entendu il reste encore des passages ou je bute, j’ai un petit moment d’hésitation. Parfois je suis obligée de me reprendre parce que je joue une mauvaise note. Ma mémoire n’est pas encore sûre à 100%. Mais je suis vraiment fière de moi d’avoir réussi à franchir ce 2e passage modulant car il n’est vraiment pas facile à déchiffrer, pas facile du tout à mémoriser. Alors je vais continuer mon travail pour le mémoriser.

La suite la semaine prochaine

Et je vais déchiffrer maintenant le passage suivant. Le passage suivant est vraiment, d’une écriture complètement différente. On a plutôt beaucoup d’accords. Et ça à l’air de moins bouger au niveau de l’harmonie.

Vidéo 3 : travailler des passages difficiles

Je vais vous montrer mon travail de la semaine passée. Cette vidéo fait suite aux 3 vidéos précédentes où je vous montre comment je reprends l’intermezzo de Brahms opus 117 n°2 après 28 ans. Cette vidéo répond aussi à celle de Caroline de lalalapiano qui participe au même jeu. Elle reprend la rhapsodie de Brahms, je vous conseille d’aller voir ça, je vous mets le lien sous la vidéo.

Cette semaine mon travail s’est porté sur la 3e page de l’intermezzo, où j’ai dû affronter des tuilages entre la main gauche et la main droite, des croisements de mains, de doigts et un passage redoutablement difficile.

Dans ce nouveau passage, les mains jouent des motifs sur des triples croches. Si vous avez suivi les épisodes précédents, vous m’avez déjà vu et entendu jouer ces motifs en triple croches. Au début les triples croches sont jouées mains alternées c’est à dire que les mains jouent l’une après l’autre.

Les mains ne jouent pratiquement pas ensemble. Mais là dans cette 3e page, ces motifs sont tuilés ensemble. C’est-à-dire que la main gauche commence à jouer alors que la main droite n’a pas terminé. Et la main droite n’attend pas la fin de la main gauche pour jouer un nouveau motif. Cela crée une impression d’enchevêtrement, ou une sorte d’accélération.

Après ce tuilage, il y a de nombreux croisements de doigts et de mains. Le plus compliqué a été de définir quelle main passe par dessus l’autre. Tant que ce n’était pas déterminé, j’ai eu des petits accidents, certains doigts se sont percutés. Au début les croisements de mains paraissent inconfortables. Il faut un temps d’adaptation pour prendre le pli et on s’y habitue assez vite.

La plus grosse difficulté de la semaine s’est trouvée à la dernière ligne. Ce passage sera magnifique une fois appris et interprété mais pour l’instant il m’est encore redoutablement difficile. Les 2 mains jouent ensemble un trait de triples croches avec des lignes mélodiques disjointes en mouvements contraires.

Ce trait est merveilleusement beau quand il est bien joué, pour l’instant je le joue moche, mais en place pour assurer mon assise.

J’aime beaucoup travailler en appuyant bien au fond des touches au début. Pour l’auditeur c’est vraiment désagréable, mais ce travail m’aide à être sûre de moi, sûre des mes notes. Je joue de cette façon jusqu’à ce que mes doigts connaissent le chemin tous seuls.

Allez je vous montre le nouveau passage. Comme d’habitude le déchiffrage se joue sans pédales pour éviter le « flou artistique »  et …. attention aux oreilles pour l’instant ce n’est pas joli joli !

Extrait : le nouveau passage travail pendant la semaine.
Vous venez d’entendre mon déchiffrage de la 4e page.
Comme vous l’avez entendu, ce n’est pas beau du tout : je joue les notes et le rythme en appuyant bien au fond des touches.
Le but pour moi est de synchroniser les 2 mains. Je suis concentrée sur les notes, les doigtés et le rythme. Je joue toutes les notes Forte, je ne fais aucune nuances.

Pour apprendre cette nouvelle page, j’ai répété 5 fois tous les jours. Avec en plus, un supplément pour le passage de la fin.
Comme pour tout passage difficile, j’ai joué cette ligne mains séparées :
5 fois main droite seule,
5 fois main gauche
et 5 fois les mains ensemble chaque jour.

J’ai remarqué dans le jeu mains ensemble que je joue mieux ce passage quand c’est la main gauche qui conduit et quand je suis concentrée sur le toucher, j’aime porter mon attention sur le côté tactile.

Au fil de la semaine et des jours de répétition, j’ai pu porter ma priorité sur la mémorisation. J’aime beaucoup faire travailler ma mémoire en apprenant par coeur le morceau.
Pour l’instant mon jeu par coeur est très frais, mais le défi est relevé, je peux jouer cette nouvelle page sans la partition !

Maintenant je vais enchaîner le morceau depuis le début, j’ai commencé à mettre davantage de nuances et à mettre de l’expression. Mais je suis encore très loin d’une véritable interprétation.

Je cherche à faire 3 choses principalement :
faire ressortir la mélodie par rapport à l’accompagnement.
à diminuer le ton à chaque fin de phrases musicales
et je cherche à respecter les nuances écrites par Brahms sur la partition.

L’interprétation sera l’ultime étape. Je travaillerai l’interprétation quand je connaîtrai mon morceau en entier et par coeur. C’est ma manière de procéder. J’ai besoin de connaître mon texte sur le bout des doigts, pour interpréter véritablement un morceau.

En ce moment je peux commencer à jouer avec musicalité mais je ne considère pas cela comme une véritable interprétation.

Aujourd’hui dites-moi comment vous faites quand vous commencez un morceau. Faites-vous comme moi au déchiffrage en jouant en appuyant au fond des touches, sans pedales ni nuances ?
Ou bien avez-vous une autre façon de voir les choses ?

Pour la suite du morceau, ne soyez pas étonnés d’attendre un peu plus longtemps car je pars en vacances et je n’aurai pas de piano à ma disposition !

La Vidéo de Caroline de lalalapiano :

Vidéo 4: les arpegiandos et extensions

Comme d’habitude laissez-moi votre commentaire pour me dire ce que vous pensez de cette vidéo !

Ce que les pianistes ne vous montrent jamais !

Dans cet article je vais vous montrer ce qu’un pianiste ne vous montre jamais ni les musiciens d’ailleurs. Je vais vous montrer les coulisses de mon travail et vous allez voir que ce n’est pas toujours joli !

Cette vidéo est la réponse à un commentaire que j’ai reçu il y a quelques temps. On me demandait de montrer mon travail en partant de zéro. Cette vidéo fait partie de la série de “je reprends un intermezzo de Brahms 28 ans après”. Dans cette 5e vidéo, je vais vous montrer la page 4 et 5 et nous serons pratiquement à la fin de ce travail sur l’intermezzo de Brahms .

Le commentaire dont je vous parlais tout de suite disait : “on aimerait te voir jouer déchiffrer en partant de zéro.”
C’est chose faite aujourd’hui c’est ce que je vais vous montrer. Pour pouvoir bien comparer le point de départ avec le point final, je vais vous montrer une section de cet intermezzo : cela correspond à la page 4 et au début de la page 5.
L’intermezzo sera joué à 3 reprises.

1er extrait de l'intermezzo

je joue au piano avec nuances, l’interprétation, le phrasé.

La première fois vous allez l’entendre au résultat actuel. Je l’ai enregistré la semaine dernière. Il y a la pédale, il y a des nuances, j’essaie de jouer joli. Dans cette étape je joue le morceau quasiment à l’étape finale. En fait je ne le connais pas encore vraiment par coeur cet extrait mais je commence à le jouer avec expression et avec des nuances.

2ème extrait : j’apprends en appuyant bien au fond des touches

Ensuite je vous montre mon travail enregistré 2 semaines avant. C’est à dire que là, ça fait environ 15 jours que je travaille tous les jours ce passage. J’ai fait ma méthode habituelle en répétant, répétant, répétant. Là, le passage est un peu lus grand que les autres car j’ai été gourmande, si bien que je n’ai pas réussi à l’apprendre par coeur d’ailleurs au bout de ces quinze jours. Je le sais à peu près mais non je n’ai vraiment pas travaillé la mémoire. Ca c’est vraiment parce que j’ai pris un passage trop grand par rapport à ma capacité de travail du moment. Ill me restera le jeu par coeur à approfondir.

Dans ce 2e extrait, je joue le morceau, je joue les notes, le rythme. Je joue à peu près en place. Il y a quelques erreurs évidemment mais globalement les notes y sont, les doigtés y sont, le rythme y est. Par contre, il n’y a aucune pédale, aucune nuance, tout est plat. Je suis à peu près au tempo final aussi. Le tempo ne varie pas beaucoup avec le tempo que j’ai actuellement.

Le 3e extrait : je déchiffre la partition.

Je montre ma toute première lecture des pages 4 et 5. Là, c’est vraiment la découverte de la partition. Je ne ‘ai pas encore lue. Je n’ai même pas préparée. J’ai ouvert la page et j’ai posé la partition sur le pupitre et je me suis mise à jouer au piano direct.
Là c’est sans fard. J’ai vraiment enregistré ma première lecture. Il n’y en a pas eu d’autre avant. Il n’y pas de triche. C’est la première lecture, vous entendrez que dès que j’ai une ligne supplémentaire, (en fait il y a beaucoup de notes avec des lignes supplémentaires,  souvent avec 2, voire 3 ou même 4 lignes supplémentaires), à chaque fois il y a une petite hésitation. Quand je vois des doubles bémols j’ai des hésitations aussi.

Tout cela fait que le déchiffrage est vraiment laborieux et c’est cela qu’un pianiste ne vous montre jamais.

On a l’habitude de voir le résultat final. On a l’impression que la personne joue du piano en apprenant d’un coup de baguette magique et que cela se passe en un rien de temps. Entre chaque séance, il faut savoir que là j’ai travaillé tous les jours, tous les jours, tous les jours. Et j’ai répété ce morceau et uniquement ce morceau.
C’était entrecoupé de vacances et de période ou je n’ai pas pu vraiment travailler. Mais  je n’ai pas essayé de travailler d’autres morceaux.
Dès que je jouais mon piano, j’ai travaille l’intermezzo de Brahms. Je n’ai rien fait d’autre. Je me suis focalisée la dessus. Alors, avis à tous ceux qui travaillent 3, 4, 5 ou 6 morceaux en même temps : focalisez votre attention sur un morceau à la fois pendant une longue période. Cela vous aidera à mémoriser et acquérir le morceau de façon durable. C’est un  vrai conseil que je vous donne.
Alors c’est parti je vous montre le premier extrait, donc l’extrait le plus récent.

Je joue au piano l’extrait le plus récent

Vous venez d’entendre l’extrait de l’intermezzo de Brahms tel que je le joue actuellement. Maintenant nous allons entendre le morceau tel que je le jouais 2 semaines avant environ. Je vous rappelle que je joue les notes, le rythme, je mets les doigtés. Je suis à peu près au tempo. Par contre, il n’y a aucune nuances, il n’y a pas de pédales. C’est vraiment plat. Je joue en appuyant bien au fond des touches pour assurer mon jeu.

Je joue au piano l’étape intermédiaire

Merci de votre patience et d’avoir écouté tout cet extrait. Vous vous rendez compte que là ce n’est pas très très joli. C’est exactement le même passage. J’ai pris au même moment. C’est vraiment le même extrait.
Si vous ne sentez plus la musique par rapport au premier extrait, si vous ne reconnaissez plus rien, c’est absolument normal puisque là il n’y a aucune expression. Toutes les notes sont jouées à la même intensité. Il n’y a pas de variations, il n’y pas de mélodies qui ressort. Il n’y a pas d’accompagnement mis en 2e plan. C’est normal de ne pas reconnaitre.
Ce n’est pas très joli, mais c’est une étape nécessaire. En tout cas c’est une étape dans laquelle je passe régulièrement pour pouvoir assurer mon jeu c’est comme ça que j’arrive à avoir une certaine assurance dans mes notes. Donc maintenant c’est parti pour la toute première lecture.
La première lecture ou le déchiffrage est une chose que je montre absolument jamais. Surtout sur une oeuvre aussi difficile puisque c’est sans fard, sans triche. J’ai ouvert le livre, je n’ai même pas regardé la partition, je n’ai pas analysé : rien du tout.
J’ai ouvert le livre et je me suis jetée dessus.
D’habitude d’ailleurs quand je déchiffre j’y vais de façon un peu plus méthodique. Je voulais vraiment vous montrer ce que ça rend quand je joue pour la première un morceau difficile pour moi : pour vous montrer le travail, pour vous montrer toutes les étapes qui se sont passées.

Alors c’est parti et attention car le tempo n’y est pas du tout. Il y a des nombreux ralentis. Dès que je vois des lignes supplémentaires, dès que j’ai des doubles bémols et quand ça passe aux dièses alors qu’avant tout était bémol, je m’y perds un peu. J’ai besoin d’une temps de réflexion. Il y a des hésitations, des fausses notes et des arrêts. Parfois même, il m’arrive de grogner. J’espère qu’on entendra pas trop dans la vidéo.
Voici l’extrait qui n’ont pas été travaillées du tout du tout du tout, c’est du déchiffrage.

Je déchiffre la partition pour la toute première fois

Bravo d’être toujours là, d’avoir réussi ce déchiffrage jusqu’au bout. Quand je découvre une nouvelle partition j’avance comme un escargot, j’yvais vraiment très tranquillement. J’ai beaucoup d’hésitations, je fais des fautes, je me trompe, je fais des fausses notes. Je ne mets pas les bons doigtés.
Quand j’étais à ce stade là, j’ai pris ce passage et j’ai commencé dès ce jour-là à le répéter tous les jours. Cela m’a permis de commencer à bien mémoriser et prendre de bonnes habitudes dès le départ. J’ai pu mémoriser les notes, mémoriser le rythme et mémoriser mes doigtés. C’est vraiment la chose sur laquelle je focalise toute mon attention au départ.

Auparavant, vous aviez vu l’extrait précédent, j’avais réussi à bien mémoriser mon morceau, j’avais réussi à augmenter le tempo. C’était fluide, la 2e étape consiste à augmenter le tempo et jouer fluide. En musique, dès que la musique s’arrête, ce n’est plus de la musique. C’est vraiment important, c’est la base avant de mettre les nuances.

Et au tout début, vous avez entendu le 1 er extrait dans lequel j’ai mis toutes les nuances, j’ai mis la pedale et j’ai essayé de donner un maximum d’expression. Alors biensûr il y a encore des erreurs car je ne suis pas encore au stade du morceau fini. Il n’est pas encore poli comme je l’aimerai. Mais déjà là il se dégage quelque chose de plus musical.

L’objet de cette vidéo était de vous montrer mes étapes de travail, de montrer ce que je ne vous montre jamais habituellement. D’habitude quand je vous filme un morceau je mets le morceau fini, le morceau vraiment terminé et avec zéro fautes avec des nuances, avec de l’expression etc, etc…

Et là je vous ai montré ce que je ne montre absolument jamais. C’est ce qu’aucun pianiste ne montre habituellement. Car c’est tout ce qu’il y a en dehors, c’est tout ce que je fais pendant les coulisses. C’est tout ce que je fais pendant que mon travail quotidien à la maison, c’est vraiment le travail de l’ombre.

J’espère que cette vidéo va vous servir et va vous faire comprendre que ce travail de l’ombre vous aussi vous devez le faire. Au quotidien, ce n’est pas facile il faut garder la motivation. C’est beaucoup de répétitions pour avoir un petit résultat sur même pas 1 minute de musique. La musique demande beaucoup d’investissement en temps. Il faut être vraiment persévérant et garder sa motivation. Ce sont les 2 moteurs du pianiste pour réussir à mener à bien son morceau et à le jouer vraiment correctement, à le mener jusqu’au bout pour le jouer avec expression et de façon musicale tout simplement.

Voilà, j’espère que cette vidéo vous aura plu, si oui cliquez sur j’aime et laissez moi un commentaire. Je vous répondrais avec plaisir.

Je vous dis à très bientôt pour une nouvelle vidéo. En attendant je vous souhaite bon piano !

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