Améliorer le déchiffrage au piano.

Dans cet article je réponds à une question de Christine à propose du déchiffrage. Si comme elle vous rencontrez des difficultés dans la lecture de partition de piano, le contenu devrait vous intéresser !

Bonjour ma bête noire : le déchiffrage . Je ne suis qu’une grand-mère qui se fait plaisir avec le piano (…). La difficulté : sentir qu’il y a plus d’écarts pour une main que pour l’autre pour jouer les mêmes notes.

Christine

Le déchiffrage est un problème récurrent pour beaucoup de pianistes. Nous savons lire les notes et pourtant nous ne savons pas toujours bien déchiffrer nos partitions. Pour progresser en déchiffrage il faut développer ses réflexes.
Nous allons tout d’abord différencier l’apprentissage d’un morceau et le déchiffrage. Car le déchiffrage est une discipline à part entière.

La tâche principale du pianiste est d’apprendre un ou deux morceaux à la fois. Pour apprendre un morceau, nous le répétons en fixant toute notre attention sur les détails. Nous prenons notre temps, revenons en arrière et nous répétons les passages difficiles. Les tutos de cours que j’ai fait sont des exemples qui vont dans ce sens. Nous répètons pendant plusieurs semaines le même morceau. Le déchiffrage peut durer plusieurs semaines. Dans ce cas de figure, nous ne travaillons pas nos réflexes de lecture, nous n’apprenons pas à bien déchiffrer, nous apprenons à bien jouer un morceau. Ce qui est différent.

Astuce n°1 : entraînez-vous à déchiffrer des partitions de piano faciles !

Vous avez tout à gagner en commençant votre séance de piano par un exercice de déchiffrage. En quoi consiste cet exercice ?

Choisissez une partition trop facile pour vous, voir beaucoup trop facile. Cherchez dans vos recueils ou sur les sites spécialisés. N’importe quelle partition fera l’affaire, pourvu qu’elle soit d’un niveau largement inférieure à ce que vous travaillez actuellement. Puis suivez les 5 étapes pour déchiffrer un morceau de piano.

  • Regardez la partition globalement dans un premier temps pour la découvrir.
  • Approfondissez votre lecture  (chiffrage de mesure, armature, reprises, structure…)
  • Lisez le rythme et installez-vous dans une pulsation intérieure.
  • Ajoutez à votre lecture les notes
  • Mettez-vous au piano avec une idée en tête : aller jusqu’au bout quoiqu’il arrive !

Choisissez un nouveau morceau à chaque séance. Donnez-vous 10 minutes pour lire le morceau et jouez-le 2 ou 3 fois maximum.

A la séance suivante changez de morceau. En pratiquant régulièrement cet exercice vous augmenterez vos réflexes de lecture.

Astuce n°2, transposez une partition facile pour améliorer votre déchiffrage !

C’est une piste de travail à explorer. Prenez un morceau simplissime (Au clair de la lune) et transposez-le dans différente tonalités. Quel est votre intérêt à faire cela ?

La transposition développe :

  • l’oreille, puisqu’on doit chercher les notes de la nouvelle mélodie
  • les automatismes. Plus nous lisons plus nous développons des automatismes de lecture. Nous associons les mouvements de la partition aux gestes.
  • les écarts, en transposant nous travaillons toutes les positions de la main et nous devons adapter la position de main. Les écarts entre les doigts sont abordés progressivement. En Do Majeur, nous utilisons uniquement les touches blanches, nous ajoutons des touches noires au fur et à mesure de la transposition.
  • la lecture, quand nous transposons à vue, nous ne lisons pas la note pour elle-même, nous lisons de façon plus globale. C’est la lecture relative. Notre attention est portée sur les mouvements de la ligne mélodique qui forme des vagues sur la partition et sur les intervalles.

Transposez une partition très simple à chaque séance (Au clair de la lune par exemple).
Jour 1 : jouez Au clair de la lune en DO Majeur puis transposez en Sol Majeur

Jour 2 : jouez Au clair de la lune en DO Majeur puis transposez en Sol & Ré Majeur

Jour 3: jouez Au clair de la lune en DO Majeur puis transposez en Sol, Ré & La Majeur.
Ainsi de suite…

Passez en revue toutes les tonalités, puis prenez une autre mélodie.

Appliquez ces 2 conseils quotidiennement et les progrès se feront sentir et persévérez ! Vous progresserez si vous faites ces exercices dans la durée, cela ne servira à rien si vous faites les exercices une fois en passant. Si vous voulez progresser, donnez-vous les moyens en déchiffrant et transposant toutes les partitions de piano faciles qui passent entre vos mains.

Partagez dans les commentaires vos progrès et difficultés à appliquer ces conseils.

Bon piano !

Apprendre à jouer Mozart au piano

Cette semaine je me suis amusée à jouer le thème et variation de la Sonate KV 284 de Mozart. Il s’agit du 3e mouvement de la sonate en ré Majeur, composée en 1775. Il y a 12 variations en tout. J’ai enregistré les 3 premières variations seulement.

Il s’agit d’une lecture rapide du thème et variation de Mozart. Je n’ai pas vraiment travaillé la partition. C’est une simple lecture, où je lis le texte (les notes et le rythme) mais je ne préoccupe pas de l’interprétation. C’est pourquoi vous trouverez peut être ensemble un peu “plat”.

J’ai fait cet enregistrement dans le but d’aider une de mes élèves à apprendre à jouer Mozart au piano. Sa plus grande difficulté est de jouer en rythme.

Le fait d’entendre la musique aide beaucoup mes élèves. A l’écoute, cette sonate peut paraitre simple. Mais elle ne l’est pas vraiment. Entre nous, j’ai toujours trouvé Mozart difficile à jouer.

Vous trouverez les bandes sonores juste en dessous. J’ai enregistré le thème et les variations 1,2 et 3 séparément.

Si vous voulez vous procurer la partition de l’intégral des sonates de Mozart cliquez sur l’image ou le lien bleu. Notre extrait se trouve dans le Volume 1.

Ecouter cet extrait vous-a-tel donné envie d’apprendre à jouer Mozart au piano ? Faites-le moi savoir dans les commentaires 🙂

30 réponses

  1. Je retiens l’idée de la transposition que je ne pense pas à faire. Pour le reste, grâce à ma professeur de piano, Caroline, j’ai bien améliorer mon niveau de déchiffrage avec la lecture globale, la simplification, le fait de jouer jusqu’au bout du morceau, du moment qu’on respecte le rythme. Avec un peu de ténacité, ça marche !!

    1. Bonjour Nathalie, merci pour ton témoignage. La ténacité est la clé du succès 🙂

  2. Merci pour ces conseils je vais essayer 😉 Après c’est comme si on lisait dans un autre alphabet que le notre !

    1. Bonjour Antoine,
      Oui, on dit souvent que le musique est un langage. Si nous réussissons à comprendre ce que nous lisons pour la première fois, nous pouvons faire de la musique en lisant pour la première fois une partition.

  3. Bonjour Aurélie,
    Depuis plusieurs mois,Je pratique la lecture des partitions tous les jours en changeant régulièrement de partitions. J’arrive aujourd’hui à jouer directement des 2 mains des partitions simples en première lecture à environ 15% de la vitesse normale de la partition. Mais je me demande au bout d’un moment si cela ne devient pas un oreiller de paresse car de ce fait je ne cherche plus à mémoriser le morceau, je le joue en lisant sans chercher à le mémoriser. Donc à ce stade je m’oblige à apprendre par cœur. D’autre part, j’ai le sentiment que je devrais travailler aussi le jeu à l’oreille car je pense que cela devrait m’aider pour la mémorisation.
    Merci pour tous tes conseils.
    Un autodidacte qui a commencé le piano à 68 ans depuis 4 ans sans aucune connaissance de la musique(ni solfège, ni instrument) et je joue tous les jours avec grand plaisir.
    Daniel

    1. Tout d’abord, bravo Daniel pour ton courage de travailler la lecture quotidiennement. C’est exactement ce qu’il faut faire pour progresser en déchiffrage de partition. Quand à devenir un pianiste accompli, cela ne suffit pas. Tu as bien raison, il faut continuer à travailler l’oreille et mémoriser ses morceaux.
      Encore bravo pour ton dynamisme 🙂

  4. Bonjour Aurélie,
    j’aime beaucoup l’idée des 10 minutes par séance.
    Je trouve également que c’est important de garder du temps pour jouer et mémoriser les morceaux plus conséquents.
    Bravo pour cet article !

  5. Bonjour, c’est une première pour moi, je découvre votre blog ce matin (FB). Je viens d’ouvrir un dossier plastifié afin d’un stocker toutes vos astuces que( j’ai) et vais imprimer par la suite. J’espère que ce ne sera pas un classeur de plus sur mes étagères, et que je prendrai le temps de le compulser le plus souvent possible. J’attaque ma 12 ème année de cours avec un prof particulier. Je commence vraiment à me faire plus que plaisir sur des nocturnes que je peux déchiffrer et jouer des deux mains toute seule et corriger ensemble avec mon prof : tempo, nuances etc…Et là, c’est la 2 ème partie du travail qui commence…le déchiffrage est toujours un grand plaisir pour moi, surtout lorsqu’il s’agit d’une oeuvre que je n’ai jamais entendue et que dès la fin de la première page, je ressens cet extraordinaire coup de coeur en me disant, ” c’est celle-là que je veux travailler’ et ce bonheur indicible qui va m’accompagner durant de longues semaines voire de longs mois…Il m’arrive encore de ressentir des frissons à chaque fois que je passe certaines mesures (toujours les mêmes), je ne m’en lasse pas. Et ensuite, l’aboutissement de tous ces efforts : l’audition trimestrielle. Et alors, là, : grande catastrophe ! Des la 6ème ou 7ème mesure, alors que je me sens bien et me dis (cette – fois, tu vas y arriver à le surmonter ce fichu trac)…: .les incontrôlables tremblements des épaules aux pédales, jusqu’au bout… et voilà la récompense ces mois de travail en communion parfaite avec mon oeuvre…J’ai l’impression d’avoir tout saccagé, et je m’en veux terriblement et reste plusieurs jours avant de me décider à jouer de nouveau ce morceau que j’ai tant aimé et que j’ai détesté le temps de l’audition. Voilà, c’était juste une petite présentation de ce qui semble être mon gros handicap : le trac lié probablement au manque d’assurance (inconscient car , je le maîtrise très bien mon jeu avant de partir de chez moi.) Merci à l’avance de tous les conseils que je vais pouvoir puiser sur votre blog Aurélie. A très bientôt donc. Midane.

    1. Bonjour Midane, merci pour ton partage. Tout d’abord bravo pour ton travail et ta persevérance. Et quand au trac, des solutions existent. Il faut prendre le problème à bras le corps ! Tu peux lire en attendant l’article sur le sujet et je te conseille la visualisation, c’est très efficace. 🙂

  6. J’ai vraiment aimé ce passage de Mozart; j’aimerais bien jouer moi aussi cette Sonate, mais j’ai de grande difficultés au déchiffrage. Pour le moment je m’entraine avec le recueil “Dandelot” et une méthode de déchiffrage de Catherine Meyer-Garforth.

    1. Très bonne idée que de s’entrainer au déchiffrage. Quand on progresse dans ce domaine, les portes s’ouvrent 🙂

  7. merci beaucoup de m’aider ! j’écoute l’enregistrement sans cesse; le rythme commence à rentrer,mais il faut que les doigts suivent;j’ai du mal mais il le faut.

  8. Je ne sais pas si c’est parce que je n’ai pas beaucoup d’expérience au piano, mais je toruve ça mélangeant! :O

  9. Bonjour MADAME,

    Je suis un élève débutant piano de 63 ans sourd D et malentendant g

    PEUT ETRE AVEZ VOUS QUELQUES CONSEILS POUR DES ELEVES QUI ONT PERDU le SENS.. (partiel) .. de l’audition ..?

    Ma progression est assez ” barbare” en raison des hémisphères handicapés :
    – le gauche doit ” compléter entièrement ” le droit qui est néant.

    Je pratique la lecture écrite et orale pour rééduquer mon oreille gauche.

    La mise en place reste difficile , notamment , avec la lecture difficile des croches :
    une importante concentration et adaptation :
    – 1et 2 et 3 et 4 et 1 et 2 et 3 et 4 et …compter les 1/2 TEMPS , la fatigue cérébrale s’installe vite.. ET, les sons se mélangent ..

    Avec de la volonté et une pédagogie personnelle , je me force à “produire” quelques petites mélodies ..
    C’est pour moi un moment de liberté de recueillir de la musique dans l’espace que mon cerveau m’accorde avec un handicap.

    En espérant que vous allez bien , je vous souhaite des joyeux moments pianistiques.

    Recevez, Madame, mes très respectueuses salutations.

    (écrire à PIANO YAM YUS5 ) merci

    1. Bonjour Bernard,
      Après avoir interrogé une personne de mon entourage malentendante à gauche, sourde à droite et souffrant d’acouphènes, voilà ce que je peux vous conseiller.
      Obliger son cerveau à être réceptif le plus souvent possible. Etre à l’affût de tous les bruits qui nous entourent, la nature, les oiseux, de tout ce qui vit autour de nous. Cela peut être même la circulation des voitures et toute la vie environnante : les enfants, les animaux etc…
      Cela obligera votre cerveau à se concentrer davantage sur la musique.
      Vous pouvez chanter dans votre tête tous les airs que vous connaissez.
      En espérant de tout coeur que cela vous aide 🙂

  10. Bonjour
    Merci beaucoup pour tous les conseils
    J’essaie d’apprendre pour mon plaisir et inciter mes petits enfants à aimer la musique. Bonne continuation. Rose

  11. Bonjour
    Heu c’est quoi concrètement au juste la transposition ???

    bravo et merci pour votre blog !

    sophie

    1. C’est le fait de décaler le morceau dans un ton plus aigu ou plus grave. Par exemple, tu as un morceau en Do Majeur et tu le transposes en Ré Majeur. Cela veut dire que tu vas jouer ton morceau en décalant toutes les notes un ton au-dessus.

  12. Bonjour Aurélie,

    J’ai bien aimé les variations et la clarté de ton jeu.

    J’aime toutes les sonates pour piano de Mozart en général.

    J’essaie de jouer la sonate kv 545 dite “facile” (!) en autodidacte. J’en suis aux deux premiers mouvements.
    C’est mon exercice préféré pour apprendre à articuler les notes et délier les doigts. Quand à l’expressivité je le trouve formateur également car il n’y a pas de pédale et il me faut demander à mes doigts d’être plus loquaces (ou sensibles) et je dois engager mon corps pour les y aider.

    En fait je cherche à comprendre quelque chose que je n’arrive pas à définir vraiment encore, dans ce morceau, à la fois tendre et espiègle, comme un jeu, ou une rencontre lors d’une promenade, peut-être. J’ai l’impression que Mozart nous raconte une de ses journées de jeune ado en trois épisodes. Or je l’entends souvent interpréter d’une manière “linéaire”. C’est toute la question de la différence entre le classique et le romantisme! Je crois que je n’aurai jamais fini de le travailler…!
    Mais, je trouve dans toutes tes formations des pistes qui m’orientent ou des lumières qui m’éclairent et me permettent d’avancer dans la connaissance de la musique en attendant que les doigts puissent suivre.

    Merci pour tes vidéos et ton esprit “chercheur”. Ça stimule.
    Bonne journée.

  13. Bonjour Aurélie et merci pour cette évocation.
    Milos Forman a réalisé un super film”Amadeus”…(à voir..)…
    L”enchaînement des notes est magique…la maitrise de l’instrument y est pour quelque chose…☺
    Bon piano..à tous..
    Pierre.

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