12 exercices de souplesse pour le pianiste

Cette semaine 1piano1blog invite le blog : apprendre-a-jouer-du-piano.com pour un excellent article sur la souplesse au piano. Ce n’est donc pas Aurélie qui vous parle, mais Marie-Cécile.
Je vous souhaite bonne lecture !

Quand on joue du piano, il n’est pas rare de se raidir pendant le jeu. Les diverses difficultés rencontrées lors de la lecture et de l’exécution ont tendance à nous extraire de notre corps et à nous sur-focaliser sur la partition.

Pianistes ! Jouez d’abord avec votre corps !

Les difficultés peuvent même aller jusqu’à la tendinite. Elle est bien moins rare qu’on pourrait le croire chez les pianistes, qui, trompés par l’apparente facilité de la production de la note, oublient que les gestes à effectuer pour un meilleur son doivent se travailler, se façonner. J’observe souvent une grande tendance à « l’intellectualisation» du travail. Oui ! Les pianistes sont souvent trop intello. ☺

C’est moins le cas aux autres instruments qui de toute façon vont régulièrement rappeler l’existence du corps à l’instrumentiste par des douleurs comme

  • la fatigue dans les lèvres ou l’essoufflement chez les vents
  • la douleur provoquée par la corde creusant un sillon sous les doigts de la main gauche chez les cordes.
  • Le port de l’instrument est également une difficulté que les pianistes n’ont pas.

On peut donc croire qu’au piano Youpi !! il suffit uniquement de « penser » à jouer les bonnes touches au bon moment, de ne rien « oublier » ou d’avoir « compris ». Hors c’est une erreur totale. Le jeu du piano est bien physique. Le bras doit se porter dans l’espace et effectuer des volutes, comme une sorte de chorégraphie à l’intérieur du mètre cube d’air qui se trouve entre le pianiste et son instrument. L’appui sur le clavier et le report du poids du bras ne sont que quelques exemples des multiples techniques/sensations à trouver. Hors pour « sentir » (et non « penser » que l’on sent), on doit pour cela être bien dans son corps avant même de se mettre à jouer.

Voilà pourquoi je souhaite aujourd’hui vous présenter  11 exercices de préparation physique spécialement conçus pour les pianistes. Ils devront être effectués avant chaque séance de travail au piano. Mais ils peuvent également être très bénéfiques après une séance particulièrement difficile. Ils sont d’autant plus importants si vous venez d’une journée passée assis(e) à un bureau pour votre travail.

Je suis Marie-Cécile, du blog apprendre-a-jouer-du-piano.com. J’ai eu de gros épisodes de douleurs et diverses difficultés physiques au piano. Pour les résoudre, j’ai testé de nombreux exercices plus ou moins efficaces. En voici une sélection spéciale pour vous, lecteur de 1piano1blog.

Remarques préalables 

Tout bon exercice est à la fois un bon test et un moyen de s’exercer. Ils vous permettent de mettre en lumière vos forces et vos faiblesses. Si vous arrivez difficilement à faire l’un d’entre eux pour la première fois, dites-vous que certainement c’est celui-là qu’il faudra creuser en priorité. Si vous sentez également qu’un autre vous procure un bien-être physique, c’est que vous en avez besoin. Essayez les tous au moins une fois. Puis refaites ceux qui vous ont plu. Vous pourrez régulièrement y revenir pour en pratiquer d’autres.

Remarque spéciale pour les hyperlaxes : les étirements ne vous seront peut-être pas d’une grande utilité pour vous, mais testez-les juste pour voir si une articulation n’est pas en reste. Mais qu’est-ce qu’un hyperlaxe ?

Si vous pouvez ouvrir votre bras de telle sorte qu’il se plie légèrement dans le sens inverse,

ou que vous pouvez toucher votre bras avec le pouce de la main accroché à ce même bras, c’est que certainement vous êtes un hyperlaxe.

Dans ce cas, des exercices de tonicités musculaires (et les étirements actifs) seront plus appropriés, afin de compenser une grande longueur et souplesse des tendons par un raccourcissement musculaire (attention, je ne suis pas kiné donc je ne peux pas vous en dire tellement plus…). Il y a beaucoup d’hyperlaxes chez les musiciens ou les danseurs… J’ai remarqué une forte corrélation entre hypersensibilité et hyperlaxité. Mais cette remarque est purement personnelle et non scientifique. ☺

Les 11 exercices :

Les exercices d’étirement actifs sont bons à effectuer avant le travail pianistique, et l’étirement passif après. En effet, ces derniers sont excellents pour assouplir, mais à détende trop les muscles, vous risquez de perdre en tonicité.

Des étirements actifs :

Ce sont les muscles du corps qui vont étirer eux même leurs antagonistes (muscle qui permet le mouvement inverse) ou d’autres muscles. Ils permettent de réveiller, d’échauffer, et de tonifier des muscles de votre corps qui pourrait être en sommeil ou fatiguées. On se concentrera bien sûr sur ceux qui vont nous servir tout particulièrement ici. Mais n’oubliez pas que notre corps est un tout. Si vous connaissez d’autres exercices qui vous font du bien, n’hésitez pas à les faire également !

Lorsque vous les exécutez, une chose est essentielle à contrôler : la respiration. C’est votre respiration qui donne le rythme de ces exercices et non l’inverse. Suivez toujours le va et vient de votre respiration pour effectuer le va et vient du mouvement (ou deux va et vient si vous avez une respiration lente) en un rythme doux, lent et continu. D’une manière générale, il est bon de souffler pendant le mouvement qui demande l’effort. 

Faites ces exercices debout.

1 La tête :

  1. La tête de face, penchez la tête d’un côté, puis de l’autre. Sentez l’étirement du cou.
  2. Effectuez ensuite des rotations à droite et à gauche, mais sans forcer quand vous sentez une résistance.

2 Les épaules :

Effectuez des rotations avec les épaules d’avant en arrière, puis d’arrière en avant.

 

3 Les coudes :

Les bras tendus devant vous, mains vers le plafond et poings fermés. Pliez et dépliez vos coudes vers votre visage.

4 Le tronc :

Sans bouger le bassin, effectuez des rotations du tronc dans les deux sens en vous aidant de vos bras.

5 Les doigts :

En soufflant, écartez vos doigts le plus possible les uns des autres puis revenez en inspirant.

6 Le « pied » du pianiste, la phalangette :

Tout d’abord, vous devez comprendre que la petite phalange (celle où se trouve l’ongle) est essentielle pour pouvoir libérer et détendre vos membres derrière. C’est le « pied » du pianiste sur le sol des touches. Si elle est endormie et fait mal son travail, c’est tout l’appareil supérieur (épaule, bras, avant-bras et poignet) qui va s’en trouver fragilisé. Vous devez donc absolument réveiller l’accroche au piano de cette phalange. Voici un exercice qui peut vous y aider. Il s’agit de l’exercice de la méthode de piano de Nathalie Tagrine, appelé l’ascenseur.

Vous devez poser le bout de votre doigt, à plat, sur un bord de table ou de touche. Le poignet et le bras est relâché derrière. Vous allez essayer de grimper sur la table ou la touche, uniquement avec la force de votre petite phalange. Et vous restez quelques secondes.

Et bien voilà ! Vous êtes prêt maintenant à jouer !

L’astuce en plus : En fin de travail, effectuez toujours un jeu lent (très lent) et de nuance douce de votre morceau/passage travaillé, afin de ne pas arrêter brusquement l’effort, et de consolider l’apprentissage sans stress. Evidemment, il faut être un minimum prévoyant et arrêter de « travailler » 5 à 10 minutes avant la fin de votre temps disponible.

Pour vous convaincre de l’efficacité de cette astuce, essayer une fois de finir en jouant votre morceau à toute vitesse et regardez le résultat le lendemain. Puis essayer de finir par un jeu très lent et comparez le résultat le lendemain. Essayez vraiment ! Vous verrez c’est magique !

Tenez-moi au courant dans les commentaires !

Vous pouvez ensuite passer aux étirements mentionnés plus haut si vous en avez le temps, ou les faire à un autre moment de la journée. Vous en verrez les résultats concrets dans votre souplesse au piano dans quelques jours ou une à deux semaines.

Des étirements passifs :

A l’instar du sportif, voici quelques exercices d’étirement passifs. La position qui étire doit être tenue pendant 30 secondes environ en respirant bien. Les étirements passifs ont tous ceci de commun qu’il vous faut pousser doucement un membre contre un autre membre ou un objet, ou s’aider du poids du corps. Il n’y a donc pas d’effort à fournir pour les effectuer. Juste se détendre. Ils sont très efficaces pour gagner en souplesse. Mais effectuez-les après avoir joué du piano ou en dehors de vos séances de pratique journalières. Si vous ressentez une douleur, n’allez jamais plus loin dans l’étirement. Ça doit tirer, mais ne jamais faire mal ! En cas de doute, posez la question à votre médecin, ostéopathe ou kiné. Ils sont là pour cela.

Souvenez-vous que tout étirement demande obligatoirement de la détente. Donc essayez de détendre le muscle et d’écouter son élasticité. Si vous allez trop vite et brutalement, il va se rétracter. Allez-y doucement et forcez à chaque fois un tout petit peu plus, dans la détente et le lâcher prise. Soyez patient. Tout vient à point à qui sait attendre !

7 La main :

Fermez le poing d’une main, bras le long du corps. Attrapez-le avec l’autre main et tirez-le vers l’arrière tout en tendant le bras.

Maintenant ouvrez votre main et tirez-la à plat dans l’autre sens.

8 Les doigts :

Posez le bout de vos doigts les uns sur les autres devant vous, les mains face à face. En soufflant, appuyez doucement les mains l’une sur l’autre jusqu’à ce que toute la longueur des doigts se touche. Ne forcez pas brutalement. Ce sont de petits muscles. Inspirez en revenant à la position de départ.

9 Le pouce :

Prenez l’un de vos pouces avec l’autre main, à pleine main à partir de sa base. En soufflant, tirez-le doucement et progressivement vers vous. Revenez en inspirant et recommencez plusieurs fois.

10 La paume :

Imbriquez les mains les unes contre les autres comme décrit ci-après. Le petit doigt de chaque main vient se loger dans l’espace entre le pouce et l’index de l’autre main. Le pouce de chaque main vient se loger dans l’espace entre le petit doigt et l’annulaire de l’autre main.

Une fois trouvée la position (bravo !) poussez les mains les unes contre les autres pour étirer la paume.

11 Le bras :

Posez une main sur un mur, votre bras à 90°. Tournez-vous doucement dans le sens opposé à votre bras.

12 L’épaule :

Mettez vos deux bras en l’air. Avec l’un des deux, tirez l’autre vers le côté et vers le haut en soufflant. Faites la même chose de l’autre côté.

J’espère que cet article vous aura fait du bien physiquement, car c’était mon but. Plus vous serez bien dans votre corps, plus vous serez dans la musique au piano. Tenez-moi au courant dans les commentaires ci-dessous.

Merci à Aurélie de m’avoir accueillie sur ce blog pour me permettre de partager ces exercices physiques qui me tiennent à cœur.

Sources : Le corps du musicien de Jaume Rosset I Llobet et George Odam et La méthode Natalie Bera-Tagrine, et Fundamentals of piano practice de Chuan C. Chang.

Je remercie Marie Cécile pour son excellent article sur la souplesse. Ces exercices sont excellents pour développer la souplesse. Si vous avez aimé son article vous pouvez la retrouver sur son blog : apprendre-a-jouer-du-piano.com

A bientôt, et bon piano !

 

 

 

Vous avez apprécié cet article ?
Indiquez-moi juste votre  nom et votre email et je vous envoie gratuitement mon guide :
Ma méthode en 5 semaines pour monter un morceau.

Recherches utilisées pour trouver cet article :exercices tenues en tenant les pouces au piano pur debutant
Partagez l'article
  •  
  •  
  •  
  •   
  •  
  •  
  •  
  •  
    1
    Partage
  •  
  •  
  •  
  • 1
  •  

18 réflexions au sujet de « 12 exercices de souplesse pour le pianiste »

  1. Bonjour,
    je suggère que vous rajoutez à votre site comme un icône afin de voir les articles consultés ou non.
    Très bon site.
    Cordialement.

  2. et oui, c’est mon problème aussi en ce moment: des sortes de crampe à l’avant-bras… et mon prof m’a donné un tuyau: trop de … souris!
    donc, attention à ne pas cliquer trop frénétiquement, pas de souris trop petite et bien faire reposer les poignets sur le bureau quand on tape à l’ordinateur

  3. Merci à Marie-Cécile, également à Aurélie. Tous ces exercices sont excellents. L’ascenseur je vais essayer. Il y en a certains que je connaissais mais pas celui-là.
    Vous êtes formidables toutes les deux. Une grosse bise à vous. Je vous souhaite beaucoup de bonheur dans ce que vous entreprenez.
    Dany.

    • Bonjour Dany et merci pour ton commentaire chaleureux. Je suis comme toi, je découvre l’exercice de l’ascenseur. J4ai essayé mais pour l’instant je ne le fais pas aussi bien que Marie-Cécile.

  4. Super ces exercices !!! Mais aïe, aïe, aïe, la souplesse de la main : impossible de plier “juste” la phalangette comme tu le fais Marie-Cécile !!! La phalange médiane se sent obligée de l’accompagner … Pour moi, c’est sûr : c’est l’âge … :(((

  5. Merci à Aurélie et à son invitée Marie-Cécile pour ces exercices. Je viens de les faire avant ma pratique quotidienne et j’en ressens déjà les bienfaits.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *