Le Guide Du Pianiste

Le Guide Du Pianiste

Les secrets du piano pour obtenir un jeu fluide et sans fautes.

Ce guide est destiné à être partagé. Il peut être imprimé librement et redistribué gratuitement.
Vous pouvez l’offrir ou le faire suivre à vos amis.

En revanche, le contenu de ce livret ne peut en aucun cas être tronqué, ni utilisé en partie.
Vous ne pouvez pas copier-coller des parties ou l’intégralité de ce document pour le publier sur internet.

Si vous souhaitez citer des passages de ce document, vous devez impérativement indiquer l’auteure : Aurélie Chevalier et le site web suivant : https://1piano1blog.com

Un mot sur l’auteure

Le jour où j’ai su que je voulais jouer du piano remonte à mon enfance.
J’ai 6 ans, je suis à l’arrière de la voiture.
J’entends un morceau qui me marquera toute ma vie. Je ressens un bien être profond. Tout flotte dans l’air. J’écoute les accords qui sonnent si bien ensemble.

J’ai le déclic.

Ce jour-là, je VEUX jouer du piano.

Ma première prof ( et ma préférée) est une grande élève du conservatoire. Au bout de 4 ans, elle me fait passer le concours d’entrée. Je suis repérée par le « meilleur » professeur.

Je me sens si heureuse 🙂

Mais cette satisfaction ne dure pas… Mon nouveau professeur me terrorise.
Pour obtenir des résultats, il hurle, jette les partitions par terre et fiche dehors ses élèves.
Moi y compris…
Sortir du cours en pleurant devient une habitude, qui durera pratiquement 10 ans.

Où est le plaisir dans tout ça ?

Cette expérience, avec ce professeur acariâtre, a été marquante. C’est le fil rouge de ma vie. A partir du jour où j’ai versé ma première larme en cours, je n’ai eu qu’une idée en tête : apprendre le piano dans le calme, le plaisir et la joie.

Au fond de moi, je savais que se dépasser au piano n’avait rien à voir avec la puissance des cris et des humiliations. Je savais que les pleurs et la douleur n’étaient pas utiles pour me forger. Je savais que les concours et examens ne servaient en rien l’amour du piano.

J’étais prise dans un engrenage et je taisais ma voix intérieure pendant des années.

Cette “mauvaise” expérience est finalement devenue mon moteur. Au lieu d’abandonner, j’ai tenu bon.
A 19 ans j’obtiens ma médaille d’or de piano. A 25 ans j’obtiens un Master 2 en musicologie.

Depuis, j’ai enseigné en école de musique, au conservatoire et à l’université. J’ai créé ma propre école de piano et mon blog sur le piano : 1piano1blog.com
L’aventure avec mon école a duré jusqu’en juin 2018. Aujourd’hui, je l’ai léguée pour pouvoir réaliser le projet qui me tient à cœur.

Depuis toutes ces années, je suis portée par mes élèves. Ils sont ma plus grande source d’inspiration. Je passe le plus clair de mon temps à essayer de comprendre, à chercher et expérimenter de nouvelles façons de faire. Mon seul objectif est de les aider au maximum. Aujourd’hui, je suis très loin des cris et des sautes d’humeur de mon professeur de piano.

1piano1blog est pour moi une occasion unique de partager mon amour pour le piano avec une communauté exceptionnelle. Il m’offre un terrain de jeu illimité. Grâce à mon blog j’aide toute une communauté de pianistes à jouer avec plaisir.

Ici pas de compétition. Jouer l’œuvre la plus difficile ou un morceau le plus vite possible ne m’intéressent pas. J’aime entrer en connexion avec le piano. J’aime sentir les vibrations des cordes passer par les touches et la pédale. J’aime me sentir portée par les sons et savourer chaque note.

Tu te demandes peut être quel est le projet évoqué juste avant ? Je veux voyager à travers le monde entier pour rencontrer des musiciens et des pianistes de tout horizon. Et surtout, ce qui me tient à cœur : je veux découvrir comment on apprend le piano ailleurs.

Jouer pour le plaisir devant ses amis et sa famille.

Maintenant que tu en sais un peu plus sur mon histoire, entrons au coeur du sujet. Dans le guide du pianiste, je te présente 5 secrets indispensables pour jouer avec fluidité et sans fautes au piano. Je veux t’aider à arriver à ton but et mordre la vie à pleines dents avec ton piano.

Tu seras peut-être étonné-e avec le dernier secret… Tu me diras ce que tu en penses.
Allez, c’est parti, je te présente tout ce que tu dois savoir sur le piano. En lisant ce guide jusqu’au bout, tu sauras tout ce qui est utile pour obtenir un jeu fluide et sans fautes au piano.

# Secret n°1 : jouer voix par voix

Le piano est un instrument polyphonique. C’est à dire que nous pouvons jouer plusieurs sons en même temps. Comme la guitare, l’accordéon, la harpe ou l’orgue par exemple.

La plupart des autres instruments sont monodiques. Cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas jouer plusieurs sons ensemble. Mais c’est beaucoup plus limité.

C’est justement le fait de jouer plusieurs sons qui rend si beaux les morceaux au piano. Mais ça augmente la difficulté d’apprentissage. Quand une main joue une succession de plusieurs notes, on dit qu’elle joue une voix. C’est pour ça que je considère presque chaque main comme 2 instruments différents.

Regarde comment sont construits les morceaux de piano. Je grossis les traits pour t’aider à comprendre.

  • Niveau débutant : La mélodie est jouée à la main droite et la basse à la main gauche (2 voix).
  • Niveau Intermédiaire : Ça se complique, la main gauche joue une formule d’accompagnement (2 voix en plus complexe).
  • Niveau avancé : Encore plus complexe ! La main gauche joue une basse ET une formule d’accompagnement (3 voix).
  • Niveau expert : C’est le gâteau : la main droite peut avoir la mélodie, un contrechant, une 2e voix ou bien une formule d’accompagnement. Pendant ce temps-là, la main gauche renforce les basses et l’accompagnement avec des grands déplacements (4 voix).

Tout ce que je viens de te décrire est un exemple. En musique, il existe une multitude de cas de figure. Ne pense pas que tous les morceaux soient construits comme ça.

Tout dépend si tu joues :

  • seul-e ou accompagné-e
  • sur un clavier de 88 touches ou un clavier plus petit
  • de la musique classique, du jazz, de la musique traditionnelle, de la chanson…

Je t’ai parlé de tout ça pour te faire comprendre à quel point c’est important de savoir ce que tu joues. Quand je suis au piano, j’aime avoir dans les doigts et les oreilles chaque voix séparée.

Quand on est débutant, jouer voix par voix revient à jouer mains séparées.

Alors la prochaine fois que tu te mets au piano pense à jouer mains séparées ! Je serais curieuse de savoir ce qui se passe en toi quand tu le fais.

Dans tous les cas, ne néglige pas cette étape. Elle est très importante. Personnellement, c’est précisément cette étape qui m’aide à interpréter le morceau. Je sais avec exactitude où commencent et finissent les phrases musicales.

Mais ça je t’en reparle juste après 😉

Jouer du piano pour le plaisir avec Aurélie.

# Secret n°2 : jouer lentement

Je viens de t’expliquer dans le paragraphe précédent en quoi le piano est difficile ! La polyphonie est difficile mais il y a aussi une autre difficulté : la difficulté physique.

Attends, je t’explique :

Quand tu regardes le clavier de ton piano, les notes se succèdent de gauche à droite dans un ordre précis : do ré mi fa sol…

Quand tu poses tes 2 mains sur le piano pour jouer, les doigts de ta main gauche sont inversés par rapport à ta main droite. Tu me suis ?

Tu te demandes peut être où est-ce que je veux en venir.
Pour jouer Do Ré Mi Fa Sol, la main droite pose le pouce sur le Do, l’index sur le Ré, le majeur sur le Mi, l’annulaire sur le Fa et l’auriculaire sur le Sol.

Pour la main gauche, c’est exactement le contraire. Pour jouer Do tu utilises l’auriculaire, ensuite tu joues Ré avec l’annulaire, Mi avec le majeur, Fa avec l’index et Sol avec le pouce.

Alors, tu vois le problème ? Imagine ce qu’il se passe dans ta tête quand tu joues les 2 mains ensembles.

Ça fait des noeuds !

Et c’est bien pour cette raison que je prends mon temps pour jouer. Je prends soin de garder le contrôle, je sais exactement ce que je fais et à quel moment. Tu comprends mieux pourquoi je n’aime pas la course à la vitesse.

En jouant lentement ça me permet d’entrer au fond de la musique. Je savoure chaque note, je prends le temps d’écouter les sons et de me remplir.

Là, tu vois comment je me nourris de musique.

Imagine si toi aussi tu passais des heures et des heures à te délecter des sons sous tes doigts. Tu joues dans un élan continu. Les notes coulent sous tes doigts en un flot ininterrompu de notes.

Jouer voix par voix, une étape nécessaire.

 

Sauf que dans la réalité …. ça ne se passe pas tout à fait comme ça. Bien souvent le début du morceau est bien. Mais j’imagine (puisque tu lis ce guide) que tu ralentis dans les passages difficiles.

Et, pire que tout : tu t’arrêtes !

# Secret n°3 : revoir les passages difficiles

Alors ne t’inquiète pas, s’arrêter, se tromper, c’est normal au début. Le piano est un instrument si exigeant !

Bien souvent, il y a un ou deux passages qui nous embêtent.
Alors on reprend au début avec le secret espoir de faire un sans fautes cette fois-ci.

Mais voilà, ça ne marche pas vraiment…

Quand j’observe bien mon morceau, je vois bien que c’est à peu près toujours les mêmes endroits qui posent problème. Alors, je sors ma loupe et je regarde de plus près ce petit passage.

Les problèmes peuvent être variés : fausses notes, erreur de rythme, difficulté dans la synchronisation des mains, déplacement difficile, lecture de la partition difficile etc…

Une fois que le problème est identifié, j’agis en jouant le petit passage en question.
Et souvent on ne le fait pas. Alors qu’on sait très bien qu’il faut le faire !

Ah ! L’être humain et ses contradictions…

Je vais te donner une astuce pour t’aider à mettre en application ce conseil.

  • Pose un crayon de papier sur ton piano.
  • Joue ton morceau.
  • Ecris une petite croix ou entoure sur la partition l’endroit qui te pose problème.
  • A partir de là, joue ton petit passage tous les jours.

Ça paraît simple, non ?

Pourtant nous sommes nombreux à avoir du mal à prendre cette habitude. Et j’en ai fait partie pendant des années. Je peux dire que j’en ai fait les frais. Mais j’aurais bien aimé avoir quelqu’un (comme ma toute première prof de piano) qui m’explique calmement les choses à faire 🙂

Jouer de mémoire pour plonger au coeur du piano.

# Secret n°4 : jouer sans partition

Depuis le début de ce guide, je n’arrête pas de parler de partitions. C’est un support important pour le pianiste mais parfois on a du mal à s’en passer.

Jouer avec une partition me met dans un état spécial. Je suis très concentrée et réactive. La lecture me met dans un état de conscience accrue. Presque tous mes sens sont en alerte :

  • la vue : je lis la partition
  • l’ouïe : j’écoute ce que je joue
  • le toucher : je sens mes doigts en contact avec les touches
  • la proprioception : pour que mes doigts jouent les bonnes notes

En plus de ces 4 sens, je fais appel à ma capacité d’analyse en cas d’erreur. Comment faire en cas de pépin, si je me trompe par exemple.

Quand je joue de mémoire je me sens bien plus connectée à la musique. Je me plonge au coeur des notes. Il n’y a plus rien entre les sons que je produis et moi. Je peux facilement me laisser aller pour faire vivre ma musique.

Je ne suis plus parasitée par la vue. D’ailleurs, je ne sais pas si tu as déjà remarqué, mais je joue beaucoup les yeux mi-clos (sauf si je déchiffre ma partition bien sûr !).

En laissant la vue de côté, cela me donne plus de place pour les autres sens. Je peux me concentrer davantage sur le son.

Et surtout ça me laisse de la place pour sentir les vibrations du piano. J’adore sentir cette légère vibration au bout de mes doigts. Et le “must”, c’est quand je sens la pédale me chatouiller à travers ma chaussure.

Je parle de vibrations et je sais bien que tout le monde n’y a pas accès. Les vibrations sont présentes sur les pianos acoustiques. Si tu as un piano numérique, je t’invite à essayer un piano acoustique dès que l’occasion se présente.
Et entre nous, ce serait dommage de laisser passer une si belle occasion à cause d’une raison toute bête. Imagine, il y a un piano acoustique disponible et …. tu ne connais pas ton morceau par coeur. C’est ballot, hein ! C’est indispensable de connaitre quelques morceaux à jouer au pied levé, quand l’occasion se présente.

Alors, habitue-toi à jouer sans partitions des morceaux simples. Quand tu en connais 5 ou 6, augmente la difficulté et ainsi de suite.

Les 2 derniers secrets sont excellents pour en finir avec les erreurs. Et jouer par coeur va t’aider à augmenter la fluidité.

Augmenter sa fluidité au piano.

# Secret n°5 : joue devant tes proches et tes amis

Tu vas me dire, mais …. je ne vois pas en quoi jouer devant les autres va me faire progresser.
Et pourtant, c’est dingue les progrès que l’on fait en jouant devant les autres !
Le fait de jouer devant les autres te met en état d’alerte. Ça change tout quand tu sais que tu es écouté-e.
Au lieu d’être tranquille à jouer tes petits morceaux dans ton coin, tu sens les regards se poser sur toi et BIM ! tu joues une fausse note.
Tu te reprends, le souffle court et patatras…. encore une fausse note.
Tu enchaînes les erreurs, tu ralentis.
Tu ne te reconnais plus.
Pourtant tout-e seul-e chez toi ça allait si bien !
Dès qu’on sort de notre univers, rien à faire c’est la cata. On n’arrive plus à jouer. Et c’est justement un point très important. Car jouer devant les autres demande une bonne connaissance de soi. Et quand tu la maîtrises, tu franchis un palier qui te rend plus confiant au piano. En augmentant la confiance, tu pourras jouer devant qui tu veux, sans perdre tes moyens. Tu seras encore plus fier-e de toi.
Commençons par faire un état des lieux de la situation. Transporter son piano avec soi n’est pas tout à fait une solution envisageable. Posons-nous pour voir comment faire pour sortir de sa solitude.
Pour jouer devant des gens, voici quelques solutions :
  • chez toi devant tes proches
  • chez des amis,
  • dans un magasin de musique,
  • dans un hôtel,
  • un bar,
  • à la gare ou à l’aéroport…
Maintenant voyons ce que tu ressens quand tu vois ces pianos en dehors de chez toi.
De l’indifférence ?
Je suppose que non.
Quand je vois un piano je me sens irrésistiblement attirée. Le piano agit sur moi comme un aimant. Je me sens des papillons dans le ventre, parfois c’est tellement fort que ça me fige un peu.
Pendant des années, je n’osais pas jouer en dehors de chez moi. Et, encore plus fort, quand je jouais chez moi, je fermais la porte et j’interdisais l’entrée à mes proches.
Tu vois le tableau !

Je restais seule dans mon coin avec mon piano et personne ne m’entendait jouer. Les occasions de me voir jouer étaient rares. Si tu manquais le jour où je jouais en public : c’était cuit.

Entre nous, c’est un peu dommage, non ?
A cette époque, je pensais que ce que je faisais ne valait pas le coup, que ça n’intéressait personne. Comme je n’avais pas l’habitude de jouer devant mes proches, j’avais la pétoche. Je trouvais des excuses, je disais que je n’avais rien à jouer.
Par dessus tout, j’avais peur du jugement de l’autre ! La moindre remarque et c’était toute une histoire.
Je voulais être si parfaite que j’en ai perdu l’essence même de la musique.
Est-ce que toi aussi tu t’es retrouvé-e dans ce genre de situation ?
Crois-tu qu’il faut être parfait-e pour jouer devant les autres ?
Je peux te dire que ce n’est pas la peine. Un débutant peut déjà commencer à jouer des jolies petites choses que ses proches apprécieront.
Il existe des tonnes de morceaux faciles à apprendre pour jouer devant sa famille, ses amis ou des inconnus.
Et si tu n’es pas à l’aise de jouer devant les autres, ça s’apprend.

Profiter des espaces publics pour jouer du piano en dehors de chez soi.

Imagine ce que tu ressentirais en jouant du piano devant tes proches, devant tes amis. Si tu pouvais jouer ne serait-ce que “Joyeux anniversaire” quand l’occasion se présente 🙂
Quelle allure prendrait ton voyage si tu osais jouer sur le piano dans le hall de la gare ou de l’aéroport ?
Ça pourrait être agréable, n’est-pas.
J’imagine que tu te sentirais rempli-e d’une émotion positive et fier-e de toi.
Je viens de partager avec toi mes meilleurs conseils pour devenir un véritable maestro du piano. Je ne parle pas de devenir comme un pianiste concertiste virtuose, seul-e au piano sur une grande scène.
Je te parle de devenir le pianiste sympa qui égaie son quotidien et celui de ses proches. Un pianiste qui met de la joie, de la bonne humeur dans sa vie et dans celle de son entourage.
Quelqu’un qui est invité à chaque fois car on sait qu’on va passer un bon moment !
Merci d’avoir lu ce guide et j’espère sincèrement qu’il t’aidera à prendre de bonnes habitudes. Si tu penses qu’il peut être utile à d’autres merci de le partager.
A bientôt sur 1piano1blog 🙂
Et en attendant : bon piano !