Les doigtés au piano – 7 bonnes pratiques à connaître

Mis en avant

La question des doigtés au piano revient régulièrement. En effet, comment fait-on pour savoir quel doigté utiliser sur un piano de 88 touches alors que nous avons  seulement 10 doigts ?

Tu sais j’explique le piano de façon empirique. J’aime toujours partir de l’expérience vécue et de l’observation pour comprendre les choses. Dans cet article sur les doigtés au piano, je ne vais pas reprendre l’évolution historique des doigtés.  Je vais partir de mes observations et mon expérience pour décrypter ce sujet complexe.

Choisir la bonne position des doigts au piano.
Il est très important de choisir la bonne position des doigts au piano.

Table des matières

Les doigtés, pourquoi faire ?

J’ai des images qui me reviennent souvent, celles de voir mes petites soeurs découvrir le piano. Elles avaient en commun de jouer en utilisant un seul doigt : l’index. Autre fait intéressant, le jeu était de taper sur les touches comme on joue de la percussion. Loin de combiner les sons entre eux pour faire de la mélodie.

Ma vision des choses est que l’humain part d’un geste de haut bas avec l’index. C’est le geste qui vient naturellement sans qu’on ait besoin de l’expliquer.

Quand tu regardes un-e pianiste jouer, c’est tout autre chose. Les 2 mains jouent ensemble sur la piano en utilisant les 10 doigts. Le tout avec beaucoup d’agilité, de souplesse et d’aisance. Ça l’air si facile.

Quand on apprend à jouer du piano, on ne sait pas par quel doigt commencer ni quelle position de mains adopter. On n’est pas à l’aise pour jouer des accords. On se retrouve dans des positions inconfortables. Certains doigts accrochent des notes qu’on ne veut pas jouer. On a les doigts qui s’emmêlent…

Notre but est de jouer de la musique, avec ressenti, nuances et agilité. Dans tous les cas, c’est toujours la musique qui nous sert de guide. Le sujet des doigtés est complexe. Et je préfère te le dire dès maintenant : il n’existe pas de recettes toute faite, ni de recettes miracles. Les doigtés demandent de l’observation et du bon sens.

Une « recette » qui fonctionne pour un morceau, ne fonctionnera pas pour un autre.

Il faut prendre en considération le contexte, le niveau du morceau, le style, ton niveau technique, ta souplesse et bien sûr ta morphologie. C’est pour cette raison que parfois, les doigtés donnés ne te conviennent pas toujours. Sache qu’il n’existe pas une solution, mais des solutions. Les doigtés conseillés peuvent parfois être légèrement modifiés en cas de besoin.

Tu l’as compris, pour savoir quels doigtés mettre, il faut prendre en compte plusieurs paramètres. Je vais tâcher de les énumérer.

la raison d'être des doigtés au piano

D’une règle générale, les doigtés visent à utiliser tous les doigts y compris les doigts faibles comme les 4e et 5e doigts. Ça te permet d’avoir plus de fluidité et de donner du mouvement à tes phrases musicales.

Les doigtés sont pensés comme un moyen de jouer le morceau. Les doigts sont au service de la musique et non pas l’inverse. A contrario, les exercices sont pensés pour faire travailler la position des doigts en fonction de leur faiblesse et aptitudes. C’est pour cette raison que les exercices sont souvent laids à l’écoute.

Il existe énormément de combinaisons possibles : le clavier  a 88 touches et nous avons 10 doigts. Je te laisse faire le calcul du nombre de doigtés possibles ! Pour savoir quels doigtés utiliser, il faut observer le morceau pour trouver le chemin le plus sûr, le plus rapide et le plus efficace pour le jouer. Je te disais plus haut. On fait appel à notre bon sens et à notre bonne intelligence.

Ton doigté te permet d’économiser les geste et les déplacements pour obtenir un jeu fluide. Travailler les gammes te permet de trouver une logique de doigté. Je te reparlerai des gammes plus tard. Dans tous les cas, une fois le doigté décidé, il faut le garder et l’utiliser à 100%. C’est très important pour toi. Cela te permet de créer une mémoire des doigts. Et tu gagneras un temps précieux dans l’apprentissage de ton  morceau.

Si tu travailles un morceau sur partition, alors, note tes doigtés sur la partition et mémorise-les.

Les doigtés sont là pour t'aider à jouer tes morceaux

Tu as besoin des doigtés au piano pour :

  • savoir comment commencer une mélodie,
  • savoir sur quelle note tu places ton pouce,
  • créer des gestes en automatisme en fonction de l’alternance des touches blanches / noires

Un-e pianiste doit connaître les différentes combinaisons et les adapter à toutes les situations. Pour trouver la position des doigts. Il faut pouvoir aller là où le compositeur veut nous mener. Certaines lignes mélodiques ont de longs traits qui dépassent 5 notes. Il faut avoir un doigté et une position des doigts qui permettent d’aller jusqu’à l’apogée de ma ligne et de revenir s’il y a lieu.

Pour jouer les accords, les doigtés sont indispensables pour :

  • avoir une position de main confortable
  • éviter d’accrocher des notes non désirées
  • avoir les doigts bien placés et en finir avec les doigts qui s’emmêlent

Après avoir énuméré les raisons de l’existence des doigtés, j’ai hâte de te retrouver demain pour définir avec toi ce qu’est un bon ou un mauvais doigté au piano.

Doigtés au piano : les erreurs à ne pas commettre

Définir le doigté au piano n’est pas une affaire aussi simple que ça ne paraît. Pour commencer,  nous pouvons prendre le mot “doigté” au pied de la lettre. Le doigté est le numéro de doigt que nous utiliserons pour jouer la touche. Nous avons 5 doigts. Que ce soit pour la main gauche ou la main droite, nous utilisons les même chiffre pour chaque doigt. Le pouce c’est le 1, l’index le 2, le majeur le 3, l’annulaire le 4 et l’auriculaire le 5e doigt. 

Prendre uniquement le sens littéral ne sera pas suffisant. Pour parler doigté, je prends en compte la position des doigts, la position de la main et la souplesse du poignet. On peut avoir un excellent doigté mais un mauvais geste. Cela nuirait complètement notre jeu, car nous obtenons un mauvais son. Mais surtout, ça nous emmènerait vers des douleurs qui pourraient nous emmener vers une tendinite. Qui est un mal tellement fréquent chez les pianistes !

Nous allons continuer cette lecture avec les mauvaises à habitudes de doigtés que tu dois absolument proscrire. Puis les bonnes habitudes à adopter.

 

Les mauvaises habitudes à éliminer

Voici la liste des choses à ne surtout pas faire  !

  • ne pas prendre le temps de “doigter” ton morceau.
  • oublier de prendre en compte ta morphologie et ta souplesse.
  • changer de doigtés au gré du vent. 
  • utiliser uniquement les doigts forts.
  • oublier d’utiliser les doigts faibles comme les 4e et le 5e doigts.
  • rester dans l’inconfort d’une mauvaise position des doigts alors qu’il existe une alternative.
  • continuer à avoir les doigts qui s’emmêlent et les laisser prendre le contrôle à ta place !

Les 7 bonnes pratiques des doigtés au piano

Voici les bonnes habitudes que tu dois adopter à chaque fois que tu veux apprendre un morceau.

Ecris-les sur ta partition

Commence toujours par prendre le temps de “doigter” ton morceau dès les premiers jours de l’apprentissage. C’est important de prendre le temps dans la première semaine de noter les doigtés que tu vas utiliser.

Prends-toi en compte

Prends en compte ta morphologie et ta souplesse. Bien souvent, les doigtés seront communs à la plupart des pianistes. Mais il se peut que pour certaines extensions, certains accords, tu  aies besoin de prendre en compte ta morphologie. Car nous avons tous une main différente, la taille de nos doigts, de notre paume, notre empan.

Choisir son doigté c'est l'adopter

Garde le même doigté. C’est à dire qu’une fois que tu as choisi ton doigté, tu le travailles. Si au bout d’une semaine de travail, tu peines toujours à mettre ton doigté, tu as deux solutions : ou le doigté est mauvais, ou tes habitudes de travail ne sont pas efficaces. Dans les 2 cas, tu as une solution pour rectifier le tir.

Utilise tes 5 doigts

Un bon doigté utilise les 5 doigts de la main. J’en parlais plus haut. Les doigts sont au service de la musique. À nous d’éduquer nos doigts, pour qu’ils soient dans la bonne position. À nous de les entraîner pour être prêts à jouer nos morceaux préférés.

Travaille tes doigts faibles

Travailler les doigts faibles comme les 4e et e doigts avec des exercices en routine journalière. Cela t’aidera à les rendre souple et forts. 

Apprends différentes combinaisons

Prends en compte le contexte. Certains doigtés se retrouvent très souvent,  mais, il n’y a pas de recettes miracles. C’est la connaissance des différentes types de doigtés te permettra de faire tes choix. En explorant les différentes combinaisons, tu seras à même de choisir celui qui sera le plus approprié. 

Entraîne-toi encore et encore !

Seul l’entraînement mené d’une manière intelligente te permettra d’avoir un doigté correct. C’est important de travailler son doigté et la position des doigts en conscience afin d’obtenir une bonne aisance avec les 10 doigts.

Voilà, je t’ai présenté les choses à ne surtout pas faire. Puis je t’ai fait un listing des bonnes pratiques à mettre en place. On continue maintenant pour savoir comment faire pour trouver  les doigtés au piano ?

Trouver les bons doigtés au piano

Maintenant que tu sais de source sûre l’importance du doigté, il faut s’y mettre. Comme je te l’ai dis plus haut, trouver le bon doigté dépend du contexte musical. C’est un travail très important, j’aime le rendre le plus agréable possible.

 

Prendre en compte le contexte

Pour cela j’ai pour principe d’y aller étape par étape, un peu comme si tu sortais tous les ingrédients du placard pour préparer un gâteau.

  • Tu commences par prendre ta partition ou bien un support audio si tu apprends d’oreille.  
  • Puis, c’est à ce moment là que l’analyse prend sa place. Tu observes ta partition et tu délimites la première phrase musicale. Si tu apprends d’oreille, c’est le même principe.
  • Ecoute la première phrase. Observe les notes que tu dois utiliser à la main droite.
  • Quelle est la 1ère note ? La note la plus grave, la plus aigue ?

C’est important d’avoir une vision d’ensemble de la phrase musicale. Fais exactement la même chose avec la main gauche. Tu auras sans doute plus de déplacements à la main gauche. Observe-les et repère-les.

À la recherche du meilleur doigté

Ensuite, tu vas partir à la recherche du doigté et de la meilleure position à adopter.

C’est à ce moment que précis que tu notes ton doigté sur ta partition. Il faut jouer. Tu explores, tu cherches, tu fouilles. Tu essaies différentes possibilités, jusqu’à ce que tu trouves le meilleur doigté pour toi. Tu reconnais que tu as le meilleur doigtés quand tu as une position de doigts la plus confortable possible.

Alors bien sûr,

  • si tu as des doigts faibles, tu seras tenté d’utiliser énormément les doigts forts.
  • Si tu n’as jamais travaillé d’exercices pour combiner les doigtés entre eux, tes doigts s’emmêleront.
  • Si tu n’as jamais travaillé la souplesse entre les doigts, ils continueront d’accrocher des notes non désirées.
  • Si tu n’as jamais travaillé la vélocité, tu continueras à manquer de fluidité et de rapidité.

C’est pour cela, que tu as vraiment un intérêt à travailler des exercices.

  • Des exercices systématiques pour que te doigts jouent en automatique.
  • Des exercices pour donner la possibilité à tes doigts de jouer naturellement sans que tu n’aies besoin d’y réfléchir.
  • Des automatismes qui prennent en compte : l’écriture du morceau (polyphonique ou mélodique) , la tonalité et les successions de touches blanches, touches noires.

Les pouces et les touches noires ?

D’ailleurs, as-tu déjà entendu dire qu’on ne devait jamais mettre le pouce sur une touche noire ?​

Cette fameuse phrase entendue tant de fois : ne jamais mettre de pouce sur les touches noires.
Il suffit de jouer une partition de Debussy, Brahms ou Chopin pour se rendre compte que c’est complètement faux. C’est une règle qu’il faut absolument nuancer. Car elle peut être vraie dans certains cas mais fausses dans d’autres.

Et c’est pour cette raison, que je travaille toujours mes doigtés dans toutes les positions y compris avec les pouces sur les touches noires. D’ailleurs j’en avais parlé dans ma routine avec le Hanon. Je transpose toujours tous les exercices sur les touches noires.

À demain !

Les solutions

Cet article nous a plongé dans l’univers du doigté. J’ai pris le sujet de tous les côtés et grâce à vous, j’ai compris vos préoccupations. Maintenant, il est temps de parler des solutions pour avoir un bon doigté. Et voici une bonne nouvelle : une solution existe !

Tu as vu que j’ai déjà donné pas mal d’informations dans cet article sur les doigtés au piano. Des informations qui vont te permettre d’avancer et de prendre des bonnes habitudes. Tu as compris qu’une partie des solutions est de travailler ses doigtés. Les doigtés se travaillent avec des exercices, des gammes et des arpèges. Il suffit d’ouvrir le Hanon, le Diélateur ou les exercices de Brahms pour travailler tout ça.

Mais voilà, si tu veux aller plus loin, comprendre les doigtés et savoir pourquoi on choisit tel ou tel doigté.

Ou encore, si tu te retrouves devant l’une de ces situations :

  • devant des partitions  qui ne comportent aucun doigté.
  • avec des doigtés que tu ne comprends pas.
  • avec des doigtés peu pratiques
  • des doigtés non adaptés à ton cas.

Ou bien encore, si tu veux te sentir confortable dans (presque) toutes les situations. Je dis presque car certaines musiques extrèmement difficiles sont par définition inconfortables. Si tu veux trouver à coup sûr la bonne position et jouer de façon souple et naturelle.

Alors tu as besoin d’aller plus loin. Tu as besoin de cas concrets qui t’expliquent comment choisir tel ou tel doigté en fonction des différentes situations. Tu as besoin de connaître les différents types de doigtés : comme les doigtés en position serré, les doigtés en extension, dans les accords, les substitutions, les doigtés croisés, les déplacements, les permutations.

Aucune littérature musicale ne t’explique tout cela noir sur blanc. Toutes ces informations sont comme gardées secrètes. Comme si les musiciens  voulaient garder tout ça pour eux.

Ça me rappelle un célèbre violoniste qui, en fonction du tarif payé par ses élèves, dévoilait tel doigté ou tel autre à ses élèves. Étonnant, non ?

Comme j’ai à coeur de te voir t’épanouir au piano, je suis sur le point de lancer une formation sur les doigtés. Une formation qui te permet de savoir comment faire dans toutes les situations.

J’ai déjà le plan en tête, je t’en dis davantage dans les jours qui viennent.

En attendant profite bien du soleil.

Si tu connais une personne qui pourrait être intéressée par cet article, merci de lui partager.

L’indépendance des mains au piano

L’ indépendance des mains au piano est un sujet au coeur de la vie du pianiste. Quand on débute au piano, c’est vraiment LA difficulté majeure, celle qui nous bloque le plus.
Si jouer une mélodie avec la main droite seule ne pose aucun problème, dès qu’il faut ajouter avec un accompagnement à la main gauche, c’est le vrai casse-tête.
Les mains ne sont pas synchronisées. Le plus souvent, c’est la main gauche qui ne suit pas et le pire c’est de ne pas reconnaitre le morceau joué.

Après avoir buté sur certaines notes, le rythme n’est plus là et on finit par s’arrêter. Jouer les mains ensembles est tellement difficile qu’on se demande comment faire pour y arriver ?

Parfois les émotions négatives prennent le dessus. L’impatience arrive  ou pire encore, on quitte le piano énervé en pensant ne jamais y arriver.

Est-ce que vous aussi, vous vous êtes senti perdu, sans savoir comment s’y prendre ? Avez-vous déjà eu l’impression que tout le monde y arrive facilement alors que pour vous ça parait impossible

Alors comment faire pour avoir une bonne indépendance des mains au piano ? 
Existe-t-il une solution ?

La bonne nouvelle est qu‘avec une méthode adaptée et des répétions régulières, la magie opère. Les doigts se synchronisent petit à petit pour notre plus grand plaisir. Au bout de quelques semaines, le morceau est acquis. La mélodie est magnifique et l’accompagnement sublime le morceau.

Table des matières

Aujourd’hui je vous propose un article assez long pour parler en profondeur de ce sujet problématique. Je vous fait part de mes réflexions autour de l’indépendance des mains. Je me suis mis dans la peau de l’apprenant en me remémorant mes débuts au piano. Et c’est pour ça que vous trouverez de nombreux passages ou je parle à la première personne du singulier.

Je partage aussi mes réflexions du point de vue du professeur. Ce qui me permet de classer mes idées pour la cohérence et la clarté.

Dans ce texte sur l’indépendance des mains je parlerai :

  • de la physiologie, liée au corps humain avec la latéralité et la chiralité.
  • de musicalité avec les différentes couches sonores.
  • de matériel avec le piano en tant qu’instrument : la forme du clavier, le parallélisme des touches noires et blanches.
  • et enfin de technique pianistique avec les déplacements de mains sur le clavier.

Ensuite, je vais explorer ce que j’entends pas indépendance des mains, avec la différenciation, la bilatéralité, la coordination, la synchronisation. Nous verrons enfin ce qu’il faut faire pour acquérir une bonne technique d’indépendance des mains et quels sont les sens qui nous servent dans ce cas.

Ça vous va ?

Alors, c’est parti !

L'indépendance des mains, en quoi est-elle un problème au piano ?

Dans la vie courante, il y a très peu d’activités où nous demandons à nos mains de faire des choses différentes. Le piano demande aux mains de faire des gestes différents avec des mouvements d’une grande précision. Le corps n’a pas l’habitude de ça. Il faut donc s’exercer à faire les bonnes commandes et s’entraîner à les exécuter le plus rapidement possible. Au moment de jouer, nous sommes dans l’urgence, nous n’avons plus le temps de réfléchir à ce qu’il y a à faire. Les mouvements doivent se faire rapidement. C’est pourquoi le pianiste s’entraîne des heures pour obtenir geste précis et jeu fluide. Voici une vidéo où je t’explique comment je travaille : Jouer des extensions et des arpegiandos

Le rôle du cerveau dans l'indépendance des mains.

La latéralité et l'indépendance des mains

L’être humain est droitier, gaucher ou plus rarement ambidextre. Dans le cerveau, chaque hémisphère s’occupe d’un côté du corps. L’hémisphère gauche s’occupe du côté droit et inversement. Le contrôle est croisé.

Pendant notre enfance nous avons développé une préférence pour un des 2 hémisphère. C’est ce qu’on appelle la latéralité. C’est pour ça qu’il existe des droitiers et des gauchers. La latéralité se définit chez l’enfant et elle est très difficile à modifier à l’âge adulte. Avec cette latéralité que nous avons développé, il est plus facile pour un droitier de jouer au piano de la main droite et la main gauche reste la main « faible ». Pour le gaucher, c’est l’inverse !

La chiralité, qu'est-ce que c'est que ça ?

La latéralité génére une difficulté de taille !
Ça n’a l’air de rien, mais jouer Do Re Mi fa sol au piano avec les 2 mains n’est pas facile. Avec la main droite, j’utilise le pouce pour jouer le DO, l’index pour le RÉ, le majeur pour le MI, l’annulaire pour le FA et l’auriculaire pour le SOL. Tandis que la main gauche utilise l’auriculaire sur la touche du DO, l’annulaire sur le RÉ etc…
Jouer au piano une chose qui parait si simple : les même notes aux 2 mains, relève d’un défi pour les débutants. Quand nous jouons un morceau de piano avec une mélodie identique aux 2 mains, imaginons ce qui se passe dans notre cerveau : ça se croise entre les 2 hémisphères et à la moindre difficulté, on se s’emmêle les pinceaux !
Il faut faire comprendre à notre cerveau qu’on est dans un système différent pour la main droite et la main gauche.

C’est pour ça qu’au piano, c’est assez fréquent de confondre la main droite et la main gauche. C’est un peu comme en voiture, on nous dit de tourner à droite et on tourne  gauche ! Pourtant, en théorie on connait sa droite et sa gauche.
Un bon entraînement est nécessaire pour que le cerveau sache commander les yeux fermés nos 2 côtés. Peu à peu avec un entraînement adapté, on obtient une belle indépendance des mains, des doigts et des gestes.

L'indépendance des mains au piano, la linéarité des touches.

Le problème de la linéarité du piano

Le clavier du piano est parfaitement linéaire, les touches s’organisent en 2 rangées parallèles : les touches noires et les touches blanches. En plus de ça, les touches noires sont légèrement décalées en profondeur et en hauteur. Ça va directement avoir 3 incidences Majeures pour le pianiste :

Le relief des touches

La hauteur des touches noires demande plus d’effort pour le doigt . Je dois anticiper l’attaque de la note en levant davantage le doigt avant d’appuyer sur la touche.

La profondeur des touches

Le décalage des touches noires dans la profondeur du clavier nous demande d’anticiper le placement de la main « à l’intérieur » des touches noires avant de jouer la note.

Deux rangées parallèles

Les 2 rangées parallèles ne sont pas adaptées physiologiquement pour les mains. Les pouces et annulaires sont largement désavantagés à cause de leur petite taille. La position de la main est à adapter pour que les pouces et 5e doigts soient alignés sur le clavier du piano.

Ces 3 points augmentent la difficulté de jouer les mains ensembles. Chaque main ayant sa propre position, son placement et ses mouvements de doigts à anticiper. 

Le piano, un orchestre à lui tout seul !

Lorsque j’écoute un morceau de piano, j’entends une mélodie et un accompagnement. Dans l’accompagnement il peut y avoir plusieurs couches : une basse et des accords formant l’harmonie du morceau.

La basse peut être doublée et l’accompagnement harmonique peut être joué sous forme d’accords plaqués ou arpégés. En plus de ça, j’ajoute le rythme.

Bien souvent l’accompagnement et la basse se jouent à la main gauche. La main droite joue la mélodie. La mélodie peut être simple ou doublée à l’octave ou bien accompagnée par un contrechant. 

Plus la mélodie et l’accompagnement sont complexes, plus notre partition est complexe. Et….  plus c’est difficile à jouer. Nos mains jouent chacune des rôles différents. C’est pour ça qu’il est bon de reprendre le morceau par couche sonore.
C’est à dire que je décortique pour voir où est la mélodie, où est la basse et où est l’accompagnement. Ensuite, j’isole la mélodie, la basse seule et l’accompagnement. Décortiquer les couches sonores me permet d’identifier les couches sonores et comprendre le morceau.

Je garde en tête que c’est la mélodie qui doit être mise en valeur. L’accompagnement, lui,  doit rester feutré.

C’est le casse-tête du pianiste : faire ressortir la main droite tandis que la main gauche reste au second plan. C’est le coeur du problème d’ indépendance des mains au piano. 

Mettre en valeur une jolie mélodie à la main droite par rapport à l'accompagnement de la main gauche demande une bonne indépendance des mains.

Une bonne indépendance pour jouer les 88 touches avec nos 10 doigts.

Les 88 touches impliquent de nombreux déplacements de la part de nosmains. Je n’ai pas de statistiques pour savoir combien de touches on utilise dans chaque morceau, mais plus le morceau est difficile, plus on utilise de touches différentes. Nos mains se déplacent sur le clavier parfois dans le même sens, parfois à l’opposé ! Regardons de plus près les différents types de déplacements.

Les extensions

La technique de base au piano place les doigts sur des touches qui se suivent. Dans cette position, la main est souple et détendue. Il n’y a pas de tension ce qui évite les crispations. Mais voilà, la musique ne se contente pas des notes qui tombent sous nos doigts… Bien souvent il faut aller chercher des notes et cela nécessite des extensions. Entre le pouce et l’index, on peut facilement jouer Do Mi ou Do Fa car c’est entre le pouce et l’index que l’écart est le plus grand.
Pour les autres doigts : index/majeur, majeur/annulaire, annulaire/auriculaire les écarts sont plus difficiles à jouer. Pour ma part, je me limite au écarts de tierce. Si ça dépasse, je change de doigté.
Comme vous pouvez l’imaginer, les 2 mains ont leur propre position et chacune joue ses extensions indépendamment de l’autre main. Ce qui nécessite une grande indépendance des mains.

Les sauts

Quand l’extension ne suffit pas, on utilise le saut. La main se déplace du grave vers l’aigu et inversement. Les sauts sont très utilisés dans les accompagnements de main gauche. Elle joue une basse puis se déplace pur jouer un accord par exemple. La main gauche assure de grands déplacements tandis que la main droite fait son chemin de son côté.

Les sauts d'une main par-dessus l'autre

Dans certains morceaux, on voit la main du pianiste se déplacer par dessus l’autre main pour aller chercher des notes extrêmes. Cette technique est extra car elle permet d’avoir un accompagnement continu et un jeu entre les basses et la mélodie. Par exemple, la main droite joue dans le medium un flot ininterrompu de notes (accompagnement) et la main gauche passe du grave à l’aigu en sautant par dessus la main droite.

Les mouvements parallèles

les 2 mains vont dans la même direction. Quand je joue une gamme par exemple, les 2 mains se déplacent vers l’aigu puis reviennent vers le grave. On parle de déplacement en mouvement parallèle. Même si les mains se déplacent dans le même sens, les doigtés sont différents 🙂

Les mouvements contraires

Les mains se dirigent dans les sens opposés, les mains s’écartent ou bien se rapprochent. J’imagine bien le pianiste classique, jouant un trait de virtuosité avec les mains qui s’écartent. Il termine sur un accord bien appuyé en sautant légèrement de son siège et décoiffant ses cheveux dans l’élan.

En bref, pour avoir une bonne indépendance des mains, il y a beaucoup de de mouvements différents à travailler.

Tous ces déplacements sont à acquérir pour une bonne technique pianistique. Les déplacements à apprendre sont nombreux.  Pour éviter le découragement, il faut les aborder petit à petit.

L’idéal pour apprendre le piano, c’est d’être accompagné par un pianiste ou un professeur. On a besoin d’un guide. Quand on est tout seul on ne se rend pas bien compte des difficultés. Même si on arrive à déchiffrer les partitions, il y a des gestes à connaitre.

La plupart des pianistes qui travaillent seuls réussissent à déchiffrer les partitions mais peuvent avoir des problèmes liés aux gestes. C’est plus facile quand on a quelqu’un à côté de soi pour apprendre à jouer avec les bons gestes dès le départ.
C’est difficile de deviner tout seul et ça demande beaucoup plus de temps.
Un mauvais geste entraîne des problèmes de rythmes, de souplesse et a un impact sur le son. On arrivera pas à doser le son. Ce qu’on ne sait pas au début, c’est que les problèmes liés aux gestes ont une conséquence sur le rendu final.

Après avoir compris pourquoi l’indépendance des mains est difficile au piano, voyons ensemble qu’est-ce que l’indépendance des mains.

Différencier les mains pour une meilleure indépendance.

Qu'est qu'avoir une bonne indépendance des mains au piano ?

Une bonne indépendance des mains au piano c’est la réunion des 4 paramètres suivants :

La différenciation

Au piano, je fais la différence entre la main droite et la main gauche. Mais aussi, je fais la différence entre chaque doigts de la main droite et chaque doigt de la main gauche. Ce qui va m’aider c’est de commencer avec le jeu mains alternées. Je joue en alternance la main droite et la main gauche. En jouant en alternance, je passe d’une main à l’autre sans changement dans la sonorité. La ligne mélodique est passe d’une main à l’autre, en fermant les yeux, j’imagine qu’il n’y a qu’une seule main qui joue. Je ne perçois pas de changements. D’ailleurs, il y a beaucoup de méthodes pour débutants qui sont basées sur cette technique et … c’est une excellente chose. Donc si vous jouez du piano, que vous soyez débutants ou non, pratiquez des morceaux mains alternées. Sachez que c’est une très bonne chose à faire.

La bilatéralité

C’est prendre conscience que nos 2 côtés sont bien distincts. Nous avons besoin de sentir la bilatéralité du corps, des bras et des mains en particulier. Les pianistes doivent tout faire pour obtenir des réflexes. Une fois les réflexes acquis, on passe à l’étape suivante qui est : la précision rythmique avec la coordination.

La coordination

Les 2 mains se complètent, on l’a vu avec la différenciation juste au-dessus. Maintenant je vais plus loin. Prenons un exemple hyper original (ah ah ah 🙂 : ma main droite joue une mélodie et ma main gauche un accompagnement. Mes mains sont parfaitement coordonnées.
Pour les instruments à cordes comme le violon ou la guitare les 2 mains se coordonnent pour créer le même son.
Alors que pour les instruments comme la harpe, le piano, l’accordéon les 2 mains se coordonnent pour créer des sons différents. C’est pourquoi au piano on parle plutôt de dissociation des 2 mains.
Le fait  de jouer les 2 mains ensembles, d’associer un doigt avec un autre. J’en ai déjà parlé plus haut, quand on se met en position de DO, on va avoir un doigt différent aux 2 mains. Il faut s’habituer à jouer les même notes aux 2 mains pour imprimer des gestes qui deviendront automatiques. Si je veux jouer la même note aux 2 mains , je dois pouvoir le faire automatiquement. Une fois que j’ai associé les mains de façon automatique, je peux passer à l’étape suivante : jouer des choses différentes à la main droite et la main gauche.
Toutes ces étapes sont à bien travailler tout au long de sa vie de pianiste. Pas seulement quand on est débutant mais aussi quand on a un niveau confirmé. Ce sont des choses qui se travaillent sur le long terme.

La synchronisation

Elle donne un aspect rythmique à la coordination. Je cadence dans le temps ma coordination des mains. Je compte. Je vais un peu plus loin que la coordination puisque là je synchronise dans le temps. Quand je débute un morceau j’ai pas mal de boulot au départ.  Et à force de répéter cela devient assez naturel.

Maintenant que nous savons ce qu’est une bonne indépendance des mains au piano, ça nous donne de belles pistes pour travailler ça !

S'exercer avec des exercices adaptés.

Comment améliorer son indépendance des mains au piano ?

Les « petits » pianistes commencent par pratiquer des exercices avec les différents mouvements dont on a parlé. On débute le piano avec des positions de mains en DO ou en SOL, avec les doigts qui se suivent sur chaque touches conjointes. 

Puis on intègre les extensions. C’est important de faire travailler chaque extension entrechoque doigt, pour la main droite et pour la main gauche.

Une fois les extensions acquises, je peux aborder les déplacements comme : les sauts, les mouvement parallèles et les mouvements contraires. 

C’est là que les exercices prennent leur sens. Dans les méthodes de piano ou cahier d’exercices, on trouvera des petits exercices à travailler. Ces exercices, permettent de développer l’ouverture, l’équilibre et la stabilité de la main.
On cherche aussi à développer la dissociation des doigts, la souplesse et l’élasticité des phalanges.
On travaille la sensibilité de la main pour développer un rendu sonore agréable avec une belle qualité du son.
L’éducation de la main et de l’oreille sont étroitement liés.
Nous avons 2 sens qui ont un rôle Majeur pour une bonne indépendance des mains. C’est la sensibilité extéroceptive  et la sensibilité proprioceptive. La première pour la perception de la pression du doigt sur la touche et la deuxième pour la perception de l’état de tension des muscles et des articulations.
Je prends conscience de mes sens en détendant mes muscles qui ne font pas d’effort. Je respire profondément, ça m’aide à faire passer des messages plus claires et plus rapides au cervelet.

Voilà les pistes de travail à faire pour développer ton indépendance des mains au piano. N’oublie pas de te faire aider dans ces techniques car elles sont liées au geste et tu auras besoin de quelqu’un pour te montrer ces gestes là. 

C’est pour cette raison qu’avec Caroline on a créé notre formation Plaisir Piano. On travaille l’indépendance des mains au piano sous toutes ses coutures. Clique sur ce lien pour en savoir davantage : découvrir le programme Plaisir Piano

Voulez-vous rejoindre les membres de Plaisir Piano et en finir avec le problème d’indépendance des mains au piano ?

Dites-moi si vous avez trouvé des techniques sur lesquelles vous pencher dès maintenant !

P.S. : Une petite note si vous pensez que votre âge ne vous permettra pas d’avancer : allez voir les travaux des neurosciences. Selon 
Catherine Vidal, neurobiologie française, la plasticité cérébrale persiste avec l’âge et l’épaississement du cortex est proportionnel au temps d’apprentissage. Cela signifie qu’il n’y a pas d’âge pour progresser car c’est davantage l’intéraction, l’environnement et le monde extérieur qui favorisent l’apprentissage, beaucoup plus que l’âge des cellules de notre corps.

Il faut favoriser un environnement propice à l’apprentissage de la coordination et visualiser le X  de nos 2 hémisphères qui dirigent notre corps de façon croisée.

Si vous connaissez une personne qui aime jouer du piano pour le plaisir et qui pourrait être intéressée par cet article, faites-lui un beau cadeau en lui partageant cet article !
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Toutes mes Formations Bienvenue sur ma page de présentation de mes formations. Si vous avez atterri sur cette page, ce n’est pas par hasard 😉C’est que vous avez l’envie de vous former un peu plus au piano. L’envie de progresser…

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Ma routine de travail avec Hanon-online

Voici la traduction de l’article paru sur Hanon-online.com

Comme beaucoup de pianiste, je dois travailler régulièrement ma technique pour améliorer ou simplement conserver mon niveau de piano. Pour cela j’utilise des recueils variés de technique et Le Pianiste Virtuose de Hanon en fait partie.
Nous allons prendre comme support les 20 exercices du site Hanon-online.com, qui sont les 20 premiers exercices du livre. Vous pouvez jouer un seul de ces exercices, ou bien faire la série si vous êtes d’un niveau avancé.

Étape n°1 :

Tout d’abord, il est important de maîtriser l’exercice en Do Majeur, les mains ensemble. Lentement au départ 60 = N en montant jusqu’à 108 = N
Mettez le bon doigté, c’est important.

Jouez cet exercice tous les jours, régulièrement. Les deux mains doivent jouer exactement ensemble. Appuyez bien chaque note. Puis, faites la variante suivante. Elle vous fera changer vos points d’appui :
Le_pianiste_virtuose,_exercice_n°1-1


Étape n°2 :

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Comment utiliser le poids du corps ?

Crédit photo : PianoSteinway422737Pixabay

Quand vous jouez du piano vous sentez des points de contraction, des tensions ou de la raideur. Votre poignet est fixe, les épaules sont relevées, la mâchoire est serrée. Vous arrêtez de respirer, vous êtes en apnée. Le son de votre jeu devient dur, et peu agréable.

Bonne nouvelle, cet article est fait pour vous ! Continuer la lecture

Les suites d’accords au piano

Les suites d’accords au piano

Je vous présente dans cette vidéo la série d’accord que l’on trouve après chaque gamme dans le Hanon. Je fais une analyse de ces accords, je vous explique à quoi ils correspondent et si il est bon de les travailler ou non.

Vous pourrez voir que  Fa #, le chat de mes parents, a décidé de faire partie de la vidéo aujourd’hui !

La série d’accords classiques d’après Hanon, est-elle faite pour vous ? Continuer la lecture